Sensuelle Alfa Giulietta

Qu’est ce qui peut pousser un automobiliste d’aujourd’hui à acheter une Alfa Romeo Giulietta plutôt qu’une Audi A3 Sport Back ou une BMW Série 1 118 d ? Sa sensualité que n’ont pas ses concurrentes allemandes

Sensuelle Alfa GiuliettaSon esthétique certainement. Même si les goûts et les couleurs ne se discutent pas, la Giulietta est quand même plus sensuelle. Est-ce l’effet de ses courbes grasses, ses prise d’air gourmandes, ses flancs rebondis, sa croupe moulée d’où émergent deux grosses sorties d’échappement, sa silhouette évocatrice de coupé, mais elle a plus d’allure et davantage de sexualité. Un cocktail d’agressivité et de beauté charnelle dont le seul vice est de se montrer trop exposée dans la jungle urbaine.
Fort de cela, on se doute que le constructeur italien n’a volontairement pas changé grand-chose dans cette nouvelle mouture, excepté une calandre redessinée, quelques légers chromes et de nouvelles jantes. En revanche, on remarque plus de changements dans l’habitacle. Les revêtements intérieurs et les coloris sont plus agréables à l’œil tandis que leur montage et l’insonorisation ont été améliorés. Le volant a été redessiné et les sièges critiqués pour leur manque assise semblent plus généreux que naguère ce qui n’est pas le cas des vide-poches toujours aussi petits ni des places arrière aussi étriquées. L’Alfa fait le bonheur des yeux et des doigts de son conducteur à condition qu’il prenne le Pack Sport quasi-obligatoire (1400 euros) sur la version Distinctive. Il comprend un épais volant gainé de cuir à grosses coutures rouges, pédalier et seuils de portes en alu, belles jantes 17 pouces, etc. Avec ce pack, la Giulietta se mue en vraie Alfa Romeo telle qu’on se l’imagine.

Plaisir de conduite

Sensuelle Alfa GiuliettaBâtie sur un châssis sophistiqué, l’Italienne n’a pas à rougir au plan dynamique face aux Allemandes. C’est une vraie Alfa. Direction incisive, train avant adhérent, freinage agressif, ce sans trop maltraiter le dos de ses occupants même si la maison fait dans le genre ferme avec la suspension Sport inclus dans le Pack. Son système DNA qu’on active en manipulant un sélecteur qui mange l’espace de la console, propose trois modes de conduite : hiver, normal ou Dynamic. Dans ce cas, la direction se fait plus ferme, la course d’accélérateur plus courte, l’ESP moins intrusif et le couple plus généreux porté de 320 Nm à 380 Nm.
La Giulietta est propulsée par une gamme de moteurs variant de 105 à 235 ch dont le diesel 2 litres JTDm qui grimpe de 140 à 150 ch (bonus neutre). Il me semble être le meilleure compromis car moins coûteux de 1550 € que le 170 ch. Grâce à une nouvelle injection plus sophistiquée et un turbo plus compact, son couple a été accru, sa pollution et consommation abaissées et surtout il se révèle plus silencieux qu’auparavant. Il distille des très bonnes relances sans avoir à jouer avec les 6 rapports de la boîte.
Ses prix ne sont pas spécialement bradés puisqu’ils se superposent à ceux des Allemandes déjà citées. La gamme Giulietta JTDm 2 litres débute à 28 350 € pour s’achever à plus de 35 000 € si on succombe aux packs ou affriolantes teintes de carrosserie perlées ou pastel. A ce prix, le conducteur aura le sentiment de se démarquer des autres et de participer à la survie d’une marque dont le nom raisonne comme une douce caresse.

Patrice Vergès

Sensuelle Alfa Giulietta

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