Parole de PSY du 18/02/2015

Chaque mois, Karine Mioche, psychologue, répond à des interrogations de lecteurs…

« Le collège m’a appelé en me disant que mon fils était puni pour injure. Il avait qualifié un camarade de « … » Je souhaitais entendre sa version de l’incident. Le soir, il m’a dit : « Mais il m’avait traité de…. Je lui ai répondu du tac au tac. Ce n’est pas juste, il m’insulte et c’est moi qui suis puni. ». Je sens son désarroi et ne sais comment l’aider…

Votre fils a le souci de ne pas se laisser faire. Il est pris par ce qui lui arrive dans l’instant et ça provoque comme un court-circuit en lui. Il répond dans la hâte, du tac au tac. Il « s’encrapule dans la langue » comme l’écrivait Rimbaud !
Dans ce temps délicat de passage qu’est l’adolescence, il n’arrive pas encore à me-surer les conséquences possibles de ce qu’il peut dire. Ses paroles sont une tentative pour sortir d’une impasse, mais elles sont interprétées comme constituant une injure qui lui vaut d’être puni.
Cet échange entre ces deux jeunes gens montre qu’ils privilégient le langage pour trouver une solution à ce qui les énerve. Cela vaut mieux que se taper dessus. Ils s’insultent poétiquement pourrait-on dire puisque leurs offenses riment. Mais cela les laisse dans un certain désarroi.
Avec vous, il peut prendre le temps de poser ses mots comme on dépose les armes et saisir ce que parler veut dire. Il parviendra, peu à peu, et en confiance, à trouver les mots justes.
Il aura appris, suite à cette joute verbale, que ses paroles peuvent être interprétées d’une manière qui lui cause du tort. Il n’est jamais bon de dire tout ce qui vient à l’esprit. Sauf chez le psy !

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