La mue des supporters de rugby

Il change en même temps que son sport favori se professionnalise. Le supporter, dans le monde du rugby, ne ressemble plus tout à fait à celui d’hier…

La mue des supporters de rugby
Le rugby est en pleine mutation et ses supporters cherchent une nouvelle place au sein de celui-ci. © Valentin UTA

« Le supporter est comme le rugby d’aujourd’hui : il se cherche » La formule est signée Jean-Claude Ojeda, vice-président du XV montferrandais, association qui, en fin de saison dernière, organisait un congrès réunissant les supporters français de rugby. Elle résume bien l’environnement en pleine mutation auquel il appartient. Il faut dire que les dernières phases finales de l’ASM ont apporté leur lot de surprises et d’attitudes jamais vues de mémoire de supporters. A commencer par une gigantesque bronca à l’endroit du président Eric de Cromières et du directeur sportif du club, Jean-Marc Lhermet. Pour Romain Goutaland, supporter de Clermont : « On est loin des valeurs de convivialité du rugby. Ceci n’est pas bon pour l’image du club et de ses supporters… » Mais si le supporter d’hier était un passionné prêt à relativiser les défaites de son équipe, certains notent qu’ils payent de plus en plus chers leurs billets au stade. Les supporters sont aussi consommateurs et, à ce titre, ils veulent des résultats.
La colère ne s’est pas cantonnée aux travées du stade mais elle s’est aussi étalée sur les réseaux sociaux, à l’image de la page Facebook qui a rassemblé 250 fans et à l’intitulé en forme de vœu pieu : Lhermet et De Cromières. Soyez « gentils », partez. C’est aussi cela un supporter d’aujourd’hui : un fan 2.0.

Rompre avec l’alcool

Que le supporter boive un verre de trop de temps en temps, rien de neuf sous le soleil. En revanche, que les clubs auxquels il est affilié luttent contre l’alcool l’est beaucoup plus… Du côté du XV Montferrandais, association de supporters clermontois, l’interdiction a été lancée de boire dans les bus qui mènent au stade lors des déplacements. Pour Jean-Claude Ojeda, ce fut la formule payante : « On voulait épurer de nos listes d’adhérents ceux qui pouvaient avoir de mauvais comportements ». Ses souhaits furent exhaussés peut-être au-delà de ce qu’il désirait. De 1200 membres en 2010, il en reste 600 aujourd’hui. Ce qui n’empêche pas l’association de supporters de payer à chacun une petite bière à l’issue de chaque match. Tout est affaire de modération.

Plus de femmes et moins de joueurs

Ce que le supporter d’aujourd’hui a vraiment de différent en comparaison à celui d’hier, c’est qu’il est désormais souvent… une femme. Une évolution fortement appréciée dans les associations de supporters d’autant plus qu’elle tranche avec les us et les coutumes d’un foot un peu plus macho de ce point de vue-là.

A noter que si les femmes ont leur rôle à jouer dans des troisièmes mi-temps (où l’alcool coule avec modération), les joueurs de Clermont, eux, n’y ont plus leur place. « Cela fait quelques années qu’aucun joueur ne vient plus nous rencontrer après les matchs alors que l’on reste, après les rencontres, juste en face du stade. Les anciens passent mais les joueurs actuels, on ne les voit plus…
Effectivement, le rugby d’aujourd’hui et ses supporters se cherchent encore un peu…

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