Eric de Cromières « Nous allons à Edimbourg pour gagner »

Eric de Cromières « Nous allons à Edimbourg pour gagner »
« On aimerait offrir à nos supporters quelque chose de beau et de grand », affirme le président Eric de Cromières.

Alors que ses hommes sont entrés dans le money-time, le président de l’ASM Clermont Auvergne parle de la finale de la Champions Cup du 13 mai face aux London Saracens. Il estime que le groupe a changé et muri depuis 2015.

I. – Comment êtes-vous à quelques jours d’une première échéance décisive pour votre club et appréciez-vous ces moments-là, quand on sait que tout est encore possible ?
E. de C. Ce sont des moments que l’on goûte mais pas totalement, car nous sommes aussi un peu sous l’influence du stress. Il y a ce qui se fait dans le domaine sportif mais également toute la gestion de l’extra-sportif. Pour espérer gagner, il faut de toute manière en passer par là. Et puis, nous avons la volonté de ne pas décevoir. On est conscient que l’on peut donner du bonheur à nos supporters, à nos partenaires et à la Région toute entière.

I. – L’ASM affronte le champion en titre le 13 mai. Etes-vous clairement le challenger sur cette rencontre ?
E. de C. – C’est ce que tout le monde dit. Je dirais oui aussi. Les Saracens sont une équipe très forte, qui n’a pas perdu de matches en coupe d’Europe depuis la demi-finale de 2015 contre nous. Ils ont l’habitude de jouer ce genre de rencontres, ont l’air très en confiance et joueront à peu près à domicile. Maintenant, nous n’arrivons pas en victime expiatoire. Il faudra démarrer sur les chapeaux de roue, les prendre à la gorge, si l’on veut avoir une chance d’exister. Nous allons à Edimbourg pour gagner.

I. – C’est un moyen de s’enlever un peu de pression, non ?
E. de C.Je ne sais pas. Chacun gère et réagit à sa façon. Pour certains, c’est plutôt positif, pour d’autres, c’est plutôt neutre. D’autres encore ne savent pas gérer la situation de se retrouver dans la peau du favori. Ce qui compte au final, c’est l’équipe. Il faut être dans l’état de forme psychique pour avoir l’envie de gagner.

I. – Pensez-vous que l’équipe a muri et qu’elle a su apprendre de ses échecs de 2013 et 2015 ?
E. de C. – (Il coupe net…) On parle toujours des échecs comme si c’était les mêmes personnes. Ce n’est pas le cas. Il ne reste plus aujourd’hui qu’un tiers de l’équipe environ. Après, on peut imaginer que chacun des joueurs présents à muri. J’estime aussi que la maturation se situe surtout au niveau du groupe. Je retiens l’osmose entre les joueurs et leur capacité à se soutenir les uns les autres. Il y a aujourd’hui plus de leaders capables de prendre leurs responsabilités au cours du match.

I. – Estimez-vous que le résultat de la finale du 13 mai influera directement sur la suite de la saison en Top 14 ?
E. de C. – Cela influera plus largement sur la vie du club, surtout si le résultat est positif. Ce sera un vrai plus pour l’ASM. On rentrera dans les clubs qui ont gagné à la fois le championnat de France et la Coupe d’Europe sous l’ère du professionnalisme. Il y en a deux pour l’instant, Toulouse et Toulon. Je mets à part Brive et sa victoire en 1997. Sinon, c’est une place qui nous irait bien. Cela justifierait les performances de l’ASM dans cette ère du professionnalisme. Je ne considère jamais qu’une défaite en finale est un moins, c’est malheureux et triste. Mais ce qui est un plus en revanche, c’est de gagner.

Eric de Cromières « Nous allons à Edimbourg pour gagner »
A Gerland, à Lyon, l’ASM avait pu compter sur le soutien exceptionnel de la Yellow Army. Cette fois, le contexte sera différent à Edimbourg

I. – Si vous deviez choisir entre un titre européen et un titre national… ?
E. de C. – Je ne peux pas choisir. Les deux sont bien. Mais dans la situation actuelle du club avec une finale de Coupe d’Europe positionnée trois semaines avant la finale du Top 14, ce serait idéal de gagner le 13 mai avant d’entamer les phases finales. A contrario, il me semble que ce serait difficile de remettre les cavaliers en selle après une défaite. Je crois que la fraicheur mentale pourrait manquer.

I. – La qualification de l’équipe est déjà une bonne opération financière pour l’ASM, n’est-ce-pas ?
E. de C. Bien sûr, dès que vous disputez les phases finales, cela devient positif pour les finances du club. Un quart de finale à domicile, c’est à peu près 400.000 €. Après, pour la demi-finale et la finale, c’est l’EPCR qui reverse l’argent à la Ligue Nationale de Rugby selon un système basé sur la « méritocratie » et des péréquations compliquées. Tous les clubs en bénéficient. Pour nous, on peut tabler sur une somme qui devrait approcher le million d’euros.

I. – Comment allez-vous vivre les échéances qui arrivent, au plus près de l’équipe ou plutôt en retrait ?
E. de C. – (Avec le sourire…) Être à côté des entraîneurs pour entraîner, non. Être à côté des entraîneurs pour échanger deux ou trois minutes et être présent, oui. Ce qui compte, c’est d’être avec le groupe. Je partirai avec les joueurs dès le jeudi mais je ne ferai pas de grands discours. Ça, c’est le boulot des coaches.

I. – Combien attendez-vous de supporters à Edimbourg ?
E. de C. – Suivant notre organisation avec les avions affrétés autour de 2.000, sans compter ceux qui viennent par leurs propres moyens ou d’autres villes. On peut tabler sur 3.000 à 4.000 supporters. Je regrette une chose, c’est de ne pas pouvoir proposer des tarifs plus abordables. Nous ne fixons pas le prix des places, l’aéroport d’Edimbourg est en travaux et les prix des hôtels ont flambé. J’en suis désolé pour les supporters mais ce sont des paramètres que l’on ne maîtrise pas.

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