ASM : anatomie d’un (nouvel) échec annoncé

ASM : anatomie d’un (nouvel) échec annoncé

Une fois de plus, la saison de l’ASM Clermont Auvergne s’est achevée en queue de poisson. Quelques spécialistes décryptent à froid les raisons de ce nouvel avatar…

Toujours placée, jamais gagnante ! La saison de l’ASM sera blanche. Totalement blanche. Encore une fois… Sur les réseaux sociaux, les patients supporters des Jaunards alternaient ces derniers jours entre résignation, colère et espoir en l’avenir. Pourtant, force est de constater que le titre de 2010 apparaît désormais comme un « accident » ou presque dans un parcours global, certes brillant, mais qui manque cruellement de trophées. Ce club reste une énigme pour bon nombre d’observateurs…

« Les titres qu’on laisse filer ne se rattrapent jamais et les autres clubs n’attendent pas Clermont pour évoluer », constate Philippe Fleys, journaliste à Canal+.

Marc Duzan, lui, cite une phrase de Vern Cotter : « est-ce que cette ville sait gagner. Il avait le mérite de poser la question », rapporte la plume de Midi Olympique.

Ce dernier, qui se refuse « à tirer sur l’ambulance », garde en tête l’image de l’entraîneur Kiwi, effondré sur la barrière de la tribune Volvic, à la fin du match face à Castres.

« Vern est allé au bout de sa logique, en faisant confiance à ses vieux soldats. Avec Sivivatu, trop emprunté, ils ont perdu un leader de jeu. Il aurait du faire plus tourner l’effectif mais c’est facile à dire aujourd’hui. Au-delà, je pense que l’ASM était arrivée au bout d’une histoire. Le départ de René Fontès l’an dernier a précipité les choses car les deux hommes étaient très proches. Et puis il y a eu une démission mentale des joueurs. »

Pour Philippe Fleys, l’évolution vers un jeu plus pragmatique n’a pas été assez marquée. « L’ASM a semblé parfois tiraillée entre sa nature profonde et cette nouvelle option. Si bien que dans les moments décisifs, comme les matches à élimination, ses leaders n’ont pas su sur quel pied danser et gérer les situations difficiles. »

Outre la fin de l’histoire de ce groupe, Jean-Pierre Morel, pour sa part, estime que les plaies de la saison dernière n’avaient pas encore totalement « cautérisées » mais pas seulement…

« Dans la montée en puissance de l’équipe en vue des phases finales, j’ai l’impression qu’ils se sont un peu trompés en terme de préparation physique », observe la voix de France Bleu Pays d’Auvergne.

Le président régional de l’Union des journalistes de sport en France (UJSF) s’interroge également sur l’approche tactique et mentale. « Cotter était le champion du monde de la phase régulière mais pas des phases finales. »

ET MAINTENANT ?

ASM : anatomie d’un (nouvel) échec annoncéAlors, l’ASM peut-elle se relever de ce nouveau scénario noir ? Jean-Pierre Morel s’interroge en envisageant la concurrence.

« Il y a une course au surarmement avec l’arrivée des hommes d’affaires qui prennent le pouvoir sur le terrain sportif. »

Marc Duzan n’émet pourtant pas de doutes : « je ne me fais aucun souci pour Clermont. Azéma est quelqu’un de fiable. Et puis l’arrivée de Vahamina, Jonathan Davis ou encore Camille Lopez va faire un bien fou. Ce groupe a besoin de respirer ».

Du côté de Philippe Fleys, on est sur la même longueur d’ondes : « un autre discours et de nouveaux joueurs permettront de tourner la page plus facilement. Car le meilleur public du Top 14 mérite que sa fidélité soit plus régulièrement récompensée », conclut le « spécialiste » de Canal.

 

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