Born in Clermont-Ferrand

Born in Clermont-Ferrand

Il n’a pas seulement le look des songwriters américains. Il en a aussi le talent. Armé de sa voix grave et d’une simple guitare, le Clermontois J. Aubertin livre un premier EP prometteur. Rencontre.

Le chapeau blanc à bords larges à la Hank Williams ? Il assume. C’est son style. Celui d’un Clermontois de 25 ans, fasciné par l’Amérique, en particulier celle de Bob Dylan, Johnny Cash ou Guy Clark. C’est son père, guitariste amateur, qui lui a ouvert les portes de cette folk culture. Depuis, J. Aubertin n’a pas décroché. Il a commencé à gratter à l’âge de 18 ans avec un ukulélé, se nourrissant de musique US au gré de ses pérégrinations sur le net.

Guitare sèche et voix grave

Sept ans plus tard, l’ancien élève en pâtisserie du lycée hôtelier de Chamalières sort « Bringers of the light », un premier EP de six titres, qui n’aurait certainement pas déplu à ses idoles de l’ouest. Guitare sèche, voix grave et anglais impeccable, ce disque mélancolique étonne par sa justesse et sa maturité. Le clip du titre éponyme a été tourné dans les grands espaces de la chaîne des puys par Benjamin Vallet. L’ambiance tient à rien : des paysages, de belles mélodies, un homme seul. Et ça marche.

« Brand New Feeling », le morceau qui ouvre l’album, fait quant à lui penser au « Hurt » de Johnny Cash. Si vous fermez les yeux, il vous promène quelque part entre Nashville et les plaines nord-américaines. Sur la pochette, le portrait de l’artiste en ambrotype (collodion humide sur plaque de verre) donne le ton. Il a été réalisé par le photographe clermontois Didier Guyot, spécialisé dans cette technique vintage. On dit souvent à J. Aubertin qu’il n’a pas la voix de son physique. C’est le cas : grand et émacié, il chante d’une voix caverneuse et profonde, qu’il a appris à dompter au fil des années.

De retour des States

Ce mordu de folk et de (vraie) country fait les choses comme il faut : il a enregistré son disque dans la ville de Pueblo au Colorado. Une seule prise a suffi. Tout s’est fait simplement, dans une pièce de 6m2. La production a été assurée par Inaiah Lujan, un artiste de la même trempe.

Le plus américanophile des Auvergnats n’était pas aux Etats-Unis par hasard : pendant deux mois, il a assuré la première partie de Willy Tea Taylor – dont il est fan – écumant les casinos, bars, restaurants et salles de concerts d’une quinzaine d’Etats. Une expérience inoubliable, malgré la route, la fatigue, la bière et les calories.

Leur rencontre tient un peu du hasard. J. Aubertin avait contacté Willy Tea Taylor pour obtenir les paroles de ses chansons. Apparemment, le chanteur cherchait des dates en France. « Je lui ai répondu que je pouvais lui en trouver, à condition que j’assure sa première partie. Il a dit oui. Vu que ça s’est bien passé, je l’ai suivi aux Etats-Unis » sourit le musicien auvergnat, qui a encore du mal à se remettre de ce very good trip. Si tout va bien, J. Aubertin devrait repartir en mars, cette fois à travers trois pays d’Europe… « Sur scène, je ressens des choses qui partent des pieds à la tête. J’aime vraiment ça. C’est aussi un besoin de reconnaissance. »

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