Qualité de l’air : ça va mieux

Les concentrations de polluants sont en baisse sur l’agglomération clermontoise, selon les derniers résultats d’Atmo. Mais les pics de pollution persistent.

Qualité de l’air : ça va mieux
Vert, ça va. Rouge, c’est la cata…Sur cette modélisation de Clermont-Ferrand, on voit bien que la pollution au dioxyde d’azote se concentre autour des axes routiers. 2000 personnes en respirent au-delà des normes règlementaires… © Google, DigitalGlobe – Landsat / Copernicus – Atmo Auvergne-Rhône-Alpes

Tout le monde le sait : la métropole clermontoise est particulièrement sensible aux phénomènes de pollution de l’air. Il s’agit d’une zone urbanisée dense, avec des axes routiers très fréquentés. Son climat semi-continental et sa topographie en demi-cuvette n’arrangent rien. Bonne nouvelle : les niveaux des différents polluants ont globalement diminué en 2016, selon la dernière étude d’Atmo Auvergne. Une diminution qui se confirme depuis plusieurs années.

Le premier polluant à avoir baissé, c’est le dioxyde d’azote. Malgré cette embellie, près de 2.000 personnes (contre 3.000 en 2015) le respirent au-delà des normes règlementaires sur l’agglomération clermontoise. Sans surprise, elles vivent à proximité des grands axes de circulation, 54 % des émissions provenant du secteur des transports. La quasi-totalité est imputable au diesel. Hors agglo, aucun dépassement n’est constaté, mais les niveaux restent élevés…

Particules : les normes de l’OMS pas respectées

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La métropole reste particulièrement sensible aux phénomènes de pollution, malgré une amélioration globale de la qualité de l’air © Info Magazine

Concernant les particules fines (PM 10) aucun dépassement règlementaire n’a été constaté en 2016 dans le Puy-de-Dôme. Mieux : là aussi, les niveaux sont en baisse par rapport à 2015. Un résultat encourageant donc, mais qu’Atmo préfère relativiser : « l’agglomération clermontoise observe des niveaux supérieurs à la valeur recommandée par l’OMS. Environ 3000 habitants, soit 1 % de la population, sont exposés. » C’est trop, mais c’est tout de même dix fois moins qu’en 2015…
La tendance est la même pour les particules très fines (PM 2,5). Les normes européennes sont respectées, mais pas celles de l’OMS, puisque 60 % des habitants de l’agglomération, soit 171.000 personnes, sont surexposées à ce polluant. Rappelons que ces particules sont (grosso-modo) émises pour moitié par le secteur résidentiel, contre 17 % pour le secteur des transports. Le diesel, encore une fois… Moins connu, le benzo(a)pyrène, émis lors de mauvaises combustions, notamment de chauffage au bois, est peu présent dans le Puy-de-Dôme.

Même tendance à la baisse pour l’ozone : moins d’une centaine de Clermontois ont été exposés au-delà de la valeur cible pour la protection de la santé. Elles vivent toutes à l’ouest de l’agglomération, la formation d’ozone touchant principalement les zones d’altitude peu peuplées, à l’image de la chaîne des puys. La valeur cible pour la protection de la végétation est également dépassée sur 0,5 % du département, soit 40 km2.

« Ne pas se reposer sur nos lauriers » N. Bonnet

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En 2016, le dispositif préfectoral d’information a été déclenché six fois dans le Puy-de-Dôme. Le dispositif d’alerte, zéro © Info Magazine

Pour Nicolas Bonnet, président d’Atmo Auvergne, cette amélioration globale résulte des progrès des moteurs diesel, grâce à la généralisation des filtres à particules, mais également du remplacement d’une partie des systèmes de chauffages polluants. « Ce n’est pas parce que la situation s’améliore lentement que les choses vont bien ; il ne faut donc pas se reposer sur nos lauriers. L’enjeu est règlementaire, sanitaire, social, économique et énergétique. Pour changer l’image de la ville, il faut travailler sur ces questions » insiste-t-il, prudent. D’ailleurs, les périodes sensibles persistent, avec des augmentations de pics de pollution, en grande partie liés aux conditions météorologiques.
Jusqu’au mois de décembre 2016, le dispositif préfectoral d’information et de recommandation n’a été activé qu’une fois dans le Puy-de-Dôme. C’était le 21 mars. En revanche, un épisode de grande ampleur a frappé la France en décembre, déclenchant l’activation du dispositif durant cinq jours dans le département. En cause : les particules fines, qui constituent toujours la problématique principale. A titre de comparaison, 3 journées avaient été enregistrées en 2015, 8 et 2014 et… 26 en 2013. Des chiffres qu’il faut relativiser : quand on regarde la carte régionale de la qualité de l’air, c’est bien l’agglomération lyonnaise qui suffoque le plus…

 

 


Une appli pour respirer mieux

Atmo Auvergne – Rhône-Alpes a lancé en mars dernier un service mobile baptisé « Air to Go ». Il permet de vérifier l’état de l’air ambiant à l’endroit où l’on se trouve, de repérer les lieux les moins pollués à proximité, d’être alerté lorsqu’on entre dans une zone à risque, de calculer la qualité de l’air sur son trajet ou de choisir un parcours alternatif pour respirer un air plus sain. Le service sera étendu à l’Auvergne cet été. Il est disponible sur l’App Store, sur www.airtogo.fr, mais pas encore sur Android.


Pas d’autres girafes en vue

Disséminées dans Clermont-Ferrand, les fameuses « girafes » d’Atmo permettent d’informer la population sur la qualité de l’air ambiant. Les données sont actualisées deux fois par jour. Précisons que ces bornes ne réalisent pas de mesures. Curieusement, peu de villes en France disposent d’un tel outil, pourtant utile et très apprécié. Malheureusement, le réseau ne sera pas étendu, car le fournisseur a arrêté la production…

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