« Le Clermont dont je rêve en 2040… »

 

Si loin, mais si près… A quoi ressemblera Clermont-Ferrand dans une vingtaine d’années ? Des personnalités locales issues d’horizons variés se prêtent à rêver et à imaginer le futur de leur ville… Lisons-les.

« Le Clermont dont je rêve en 2040… »

Fanny Agostini, présentatrice télé

« Le multiculturalisme colorera les rues »

« En 2040, je rêve d’une ville qui aura réussi à faire sa transition énergétique, tous les indicateurs de la qualité de l’air seront verts, tout comme les fermes urbaines qui se seront multipliées faisant de l’agglomération une oasis au milieu des volcans. Enfants et parents pourront aller au marché de quartier à pied puisque les grands centres commerciaux et zones industrielles auront disparu. L’accès à la culture et à la biodiversité sera plus riche encore, le multiculturalisme colorera les rues et la solidarité sera le mot clé entre les habitants. En 2040, être fière d’être clermontois ira davantage de soi ! »

 

« Le Clermont dont je rêve en 2040… »

Mathias Bernard, président de l’UCA © Service communication / UCA

« Le vivre ensemble érigé en art de vivre »

« J’imagine Clermont-Ferrand en 2040 comme une ville qui a su pleinement tirer parti de ses atouts – le caractère exceptionnel de son environnement, le dynamisme de son activité économique, la jeunesse de sa population – pour devenir une métropole exemplaire en matière de développement durable, de qualité de vie et d’études et de soutien à l’innovation, aux activités culturelles et à la diffusion la plus large de la connaissance.

Je crois qu’à Clermont, en 2040, le vivre ensemble peut être érigé en art de vivre, grâce au développement solidaire des quartiers, à la vitalité de la vie associative et à des espaces ouverts à toutes les formes de sociabilité, de culture et de savoir.

Je pense qu’en 2040, Clermont-Ferrand sera une métropole attractive, bien au-delà des frontières historiques de l’Auvergne, en jouant un rôle déterminant dans la construction de modèles de vie et de production durables – la thématique centrale du projet I-SITE « CAP 20-25 », porté par l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche sur le site.

Pour moi, Clermont-Ferrand, en 2040, comme en 2018, c’est l’alliance de la ville et de la nature, de l’industrie et de l’innovation sociale, du sport et de la culture, du patrimoine et de l’avenir. »

 

« Le Clermont dont je rêve en 2040… »

Ghislaine Borie, blogueuse © DR

« Des espaces végétalisés plus nombreux »

« La culture et la nature, c’est l’orientation que je souhaite que Clermont prenne pour l’horizon 2040. Clermont Métropole s’étend désormais bien au-delà de la place de Jaude et peut prétendre à un statut de capitale du tourisme vert, donc j’imagine un vrai développement de l’offre d’activités nature, qui pourraient être accessibles sans véhicule personnel. Pourquoi pas un service de voiture façon C.Vélo pour partir en vadrouille sur les puys pendant le week-end ? Je souhaiterais aussi que la nature s’invite beaucoup plus en centre-ville, avec des espaces végétalisés plus nombreux, sans voitures, avec un esprit village dans chaque quartier (remettre les tilleuls Sully au goût du jour ?), avec plus de mobilités douces, donc plus de trams, de bus, de pistes cyclables sécurisées… Côté culture, j’aimerais que les salles de Clermont Métropole soient liées à la fois par un système de réservation commun, pratique et intuitif, qui permette d’acheter un spectacle parmi la programmation du jour, et par un service de navettes pour que tout le monde puisse avoir accès à la culture sans contrainte de déplacement le soir. Nature mais connecté, slow life mais dynamique, voilà mon Clermont 2040. »

 

« Le Clermont dont je rêve en 2040… »

Cécile Coulon, écrivaine © DR

« Que sa noirceur soit toujours aussi étrange »

« C’est une drôle de question – cela voudrait dire que Clermont n’est pas bien comme elle est actuellement ! Mais bon, jouons le jeu : j’imagine qu’en 2040, Clermont sera reliée à ses bourgades riveraines, pour de vrai. Ce dont je rêve, ce n’est pas que cette ville devienne une géante aux pieds sombres, mais plutôt un lieu de rencontre pour ceux qui vivent dans les villages – je dis bien villages – alentour. Qu’elle soit une sorte de poumon citadin, moins de voitures dans ses rues et ses périphéries, et des vélos partout. Oui, on peut toujours rêver ! Pour 2040, je rêve qu’elle soit enfin plus que ce surnom « La ville à la campagne » qu’on lui donne, mais une réalité. L’air de la campagne, les infrastructures de la ville. Que sa noirceur soit toujours aussi étrange sans être lugubre, que ses sinuosités soient toujours étonnantes sans être repoussantes. »

 

« Le Clermont dont je rêve en 2040… »

Christian Godin, philosophe © V. Uta

« Résister à la tentation d’être une agglomération »

« Le Clermont dont je rêve en 2040 est une ville qui aura su résister à la tentation d’être une agglomération. Ce qui signifie qu’elle aura préservé son demi-cercle de verdure au nord et son amphithéâtre de montagne au sud. Réhabilité, son centre historique aura retrouvé vie, pour le grand plaisir des habitants, des promeneurs et des touristes. Les barres d’immeubles du quartier Saint-Jacques et de la Croix-de-Neyrat ne seront plus qu’un mauvais souvenir. Quant aux zones commerciales qui auront proliféré jusque dans les années 2020, elles auront été détruites pour laisser place à des parcs et à des jardins potagers.

Avec la crise climatique qui se sera aggravée dans la décennie précédente, les vieux jardins ouvriers, avec leurs cabanes en bois, qui subsistaient comme des vestiges préhistoriques au nord de la ville seront alors considérés comme des modèles. Voilà un rêve d’autant plus irresponsable que je ne serai plus là pour voir s’il a été réalisé ou non. »

 

« Le Clermont dont je rêve en 2040… »

Yves Michelin, agronome et géographe (VetAgro Sup)

© V. Uta

« Connectée au monde comme à sa campagne »

« Aujourd’hui, je fais le rêve qu’en 2040 Clermont soit une ville en harmonie avec son paysage environnant, avec un urbanisme qui respecte les terres agricoles de la plaine et dessine les côtes et versants abrupts de la faille, avec des pelouses pâturées mais ouvertes à la fréquentation, des vignes et des vergers produisant un vin réputé et des bois de châtaigniers et fruitiers qui colorent les versants à l’automne.

Je fais le rêve que les volcans qui bornent son horizon soient encore plus beaux qu’aujourd’hui, entretenus par de jeunes éleveurs qui combinent une production de qualité avec un libre accès à ces espaces, afin d’en vivre bien, pour le bonheur des clermontois et la satisfaction des visiteurs venus nombreux les admirer et goûter par la bouche ce qu’ils auront apprécié par les yeux.

Je rêve d’une campagne environnante où les villages du plateau auront su accueillir de nouvelles résidences sans pour autant se défigurer, dans un paysage jardiné qui graduellement amène de la campagne à la ville en passant par les volcans qui les relient plus qu’ils ne les opposent. Je rêve d’une ville organique moderne à l’atmosphère pure, connectée au monde comme à sa campagne par des transports en commun rapides, confortables et réguliers.

Je rêve enfin d’une ville qui revendique sa position originale au cœur d’une nature exceptionnelle qu’elle contribue à entretenir et à valoriser parce qu’elle aura su imaginer avec ses industries et ses services une autre façon de se développer. Il y a tout ce qu’il faut en interne pur relever le défi. A nous d’y croire assez pour que le rêve devienne réalité. »

 

« Le Clermont dont je rêve en 2040… »

Grégory Mouilleseaux, directeur de Vulcania © Vulcania

« Toujours pas de TGV à Clermont en 2040 »

« Se projeter à 21 ans est un exercice compliqué tant les prochaines années sont porteuses de projets et d’ambitions pour la ville, l’Auvergne et bien entendu pour Vulcania ! Je ne pense néanmoins pas me tromper en disant que Clermont aura trouvé sa place aux côtés de sa grande sœur Lyon pour équilibrer notre grande région Auvergne Rhône-Alpes, et également parmi l’ensemble des métropoles françaises et européennes.
En 2040, cela fera déjà 12 ans que Clermont aura été Capitale Européenne de la Culture et 22 ans que l’ensemble Chaîne des Puys/Faille de Limagne aux portes de la ville aura été inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Tous ces succès auront été de véritables accélérateurs pour le développement et la transformation de la ville qui sera devenue une référence enviée pour sa qualité de vie, la facilité de ses déplacements, l’animation de ses rues commerçantes et son dynamisme touristique et économique. Enfin, je suis sûr que l’ASM sera devenue le club de rugby le plus titré en France. Par contre, je ne vois malheureusement toujours pas de TGV à Clermont, mais qui sait quelles innovations nous attendent dans le futur… Au plaisir de partager ces futures années avec vous !»

 

« Le Clermont dont je rêve en 2040… »

Bruno Reyne, président régional de l’Ordre des Architectes © DR

« Une large place à la culture et à la nature »

« 6h30 en 2040 – L’architecte en plein sommeil agité…

… L’urbanisation immodérée de ces 20 dernières années a conduit la banlieue clermontoise jusqu’à Pontgibaud. Aux abords de la Sioule un quartier se développe avec des maisons sur pilotis, construites sans architecte ni entreprise par des imprimantes 3D …

Driiing ! – 6h45 – L’architecte sort de son cauchemar

Les volets numériques de sa chambre s’ouvrent avec les premiers rayons du soleil. Il entrevoit l’aménagement de la place des Salins.
L’effervescence du centre-ville, ses vélos, ses piétons, renforce l’idée d’une ville agréable. Depuis qu’elle a été nommée Capitale Européenne de la Culture, le vivre-ensemble est devenu la règle avec des réalisations qui mettent l’accent sur des lieux de partages et d’échanges.

Un partenariat de la Ville avec Michelin ouvre la voie du renouveau. Les friches industrielles sont réhabilitées par des architectes locaux offrant une large place à la culture et à la nature. Ces architectures « apprenantes » donnent les clefs de la gestion des ressources. Leur visite permet aux enfants de comprendre l’architecture, le paysage, l’urbanisme et les enjeux de la ville de demain. Le travail de l’architecte s’impose désormais comme une évidence ! »

 

« Le Clermont dont je rêve en 2040… »

Eric Roux, journaliste culinaire © Ludovic Le Guyader

« Un exemple de développement durable »

« Clermont Auvergne Métropole, en 2040, est souvent citée dans l’Union Européenne comme exemple de développement durable. Elle a réussi socialement et écologiquement son épanouissement de grand centre urbain du Massif central. Elle est connectée à son milieu rural et agricole, à la richesse et la diversité de ses territoires entre plaine et montagne. Maraichage, viticulture, arboriculture et toutes les formes de jardins familiaux, partagés, ethno-botanique font partie du paysage urbain. Loisirs, productions alimentaires, responsabilité environnementale, lieu d‘échanges et de découvertes écologiques balisent la cité.

Consciente de la valeur de sa culture populaire, elle valorise et implique toutes les origines de ses populations. Le tourisme s’est développé profitant de l’inscription au patrimoine mondial de la Chaine des Puys / Faille de Limagne et de la Capitale Européenne de la Culture de 2028. Les touristes ne viennent pas pour des activités pour touristes mais profiter d’un modèle de vivre ensemble.

De nombreuses petites et moyennes entreprises valorisent les savoirs-produire variés et divers de la région. Leurs productions permettent au Clermontois d’être connectés à une économie locale et aux visiteurs de repartir avec ce qui fait la métropole. De nombreux moyens de transports propres permettent d’accéder aux centres d’intérêts culturels, aux espaces naturels et de productions agricoles et aux activités économiques répartis sur la métropole.

Clermont Auvergne Métropole a cultivé une forme de bienveillance et de douceur de vivre qui fait sa notoriété au niveau européen. »

 

« Le Clermont dont je rêve en 2040… »

Pierre Thirion-Vallet, directeur du Centre lyrique © Yann Cabello

« Deux fois capitale de la culture »

« Le Clermont dont je rêve en 2040 est une ville qui aura gardé sa taille humaine avec des habitants adeptes des transports en commun et du vélo, et où les générations continueront à échanger et faire la fête ensemble ; une ville sans quartiers dit « prioritaires » car sur tout le territoire règneront mixité et bien vivre ; une ville plus proche des capitales que sont Lyon et Paris pour tous ceux qui aiment voyager ; une ville fière de son patrimoine ancien et contemporain ; une ville qui aura été déjà deux fois capitale de la culture car en 2028, l’événement aura été une pleine réussite ! »