Dr Emmanuel Chabert : « En cas d’accident vasculaire cérébral (AVC), il faut appeler le SAMU et faire le 15 »

Dr Emmanuel Chabert : « En cas d'accident vasculaire cérébral (AVC), il faut appeler le SAMU et faire le 15 »

Il est responsable de l’Unité de neuroradiologie du CHU de Clermont-Ferrand et avec ses collègues, en première ligne dans la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC) en Auvergne.    

I. – Que peut-on dire de manière générale sur l’accident vasculaire cérébral (AVC) ? 

Emmanuel Chabert – Il existe deux types d’AVC, l’AVC ischémique et l’AVC hémorragique. Le premier est le plus fréquent, environ 80 % des cas. Il s’agit d’une artère qui se bouche au niveau cérébral. Le second, 20 % des cas, est un hématome avec une artère qui saigne et provoque une hémorragie. Dans les deux cas, les signes cliniques sont les mêmes. En France, nous recensons environ 150.000 AVC chaque année, soit un accident toutes les quatre minutes. La moyenne d’âge des personnes atteintes est de 70 ans. Mais l’on comptabilise tout de même 12.000 AVC chez les moins de 45 ans. Hommes et femmes sont touchés de manière indifférente. L’AVC est la première cause de handicap physique acquis chez l’adulte et la première cause de décès chez la femme.      

I. – Quels sont les facteurs de risques ?  

E. C. – Ils sont bien connus : chez les jeunes, ce sont les drogues comme le cannabis. Pour la population plus âgée, le premier facteur est l’hypertension artérielle, on retrouve également l’arythmie cardiaque, l’hypercholestérolémie, la sédentarité, le diabète ou encore l’abus d’alcool.  

I. – Comment reconnaît-on une personne qui fait un AVC, quels sont les signes cliniques ? 

E. C. – Il peut y avoir la paralysie d’un bras, plus rarement d’une jambe, ou un engourdissement. Il y a aussi la paralysie du visage, une diminution ou une perte de la vision, brutale, ou une perte soudaine de la parole. La personne peut avoir également des difficultés pour parler, articuler ou comprendre ce qui est dit. Dans certains cas, on peut avoir des pertes d’équilibre, des maux de tête, nausées ou vomissements. Souvent, ces symptômes sont brutaux.    

I. – Que faut-il faire alors si l’on observe ce genre de choses chez une personne ?

E. C. – Il faut appeler le SAMU et faire le 15. Ce n’est pas la peine d’appeler son médecin traitant ou d’aller aux urgences. Le régulateur du SAMU est capable de faire au téléphone le diagnostic d’un AVC. Il organisera ensuite au mieux le transport du patient. Ce qui est important, c’est de proposer un traitement le plus rapidement possible à la personne. A son arrivée à l’hôpital, le neurologue sera là. A travers les Unités neurovasculaires (UNV), toute une filière est en place. L’objectif est de déboucher l’artère le plus vite possible avant que des séquelles n’apparaissent. Un cerveau qui n’est pas irrigué est en souffrance.       

I. – Ces dernières années, une nouvelle technique est apparue, la Thrombectomie mécanique. Quels sont ses atouts ?  

E. C. – On ne peut pas toujours l’utiliser. Les petits vaisseaux sont plus accessibles à la thrombolyse intra-veineuse, apparue il y a 15 ans. On utilise un produit pour déboucher l’artère. Pour la Thrombectomie mécanique, dont la preuve scientifique a été amenée en 2015 par plusieurs études, il faut qu’un gros vaisseau soit bouché. Le praticien va passer par l’intérieur des vaisseaux pour venir retirer le caillot. Le matériel s’est vraiment amélioré. Il faut compter une heure en moyenne pour réaliser cette intervention. En 2018, nous avons pratiqué 150 thrombectomies au CHU, nous terminerons l’année 2019 autour de 180. En Auvergne, il n’y a qu’un seul centre qui réalise les thrombectomies, c’est le CHU de Clermont-Ferrand.           

I. – Vous êtes président de l’association France AVC63, quel est son objet ?

E. C. -Cette structure, qui existe depuis deux ans, est une antenne départementale de l’association nationale. Nous sommes une dizaine de bénévoles pour l’animer. Nous menons des actions de prévention auprès du public mais aussi de soutien aux patients victimes d’AVC.       


AVC : une conférence grand public le 28/11

L’association France AVC 63 organise une conférence grand public le jeudi 28 novembre, à 14h30. Celle-ci se déroulera au Centre diocésain de pastorale, 133, avenue de la République, à Clermont-Ferrand. Son thème : « l’accident vasculaire cérébral hémorragique ». Trois spécialistes du CHU se partageront les interventions. Le Docteur Anna Ferrier (notre photo), neurologue, présentera l’association AVC 63 ; le Professeur Bernard Irthum, neurochirurgien, évoquera l’hémorragie cérébrale ; le Docteur Emmanuel Chabert traitera de l’anévrisme intracrânien. L’entrée est libre et gratuite. 

Une autre conférence est également prévue le 23 janvier, 15 h, à Cébazat (salle Prugnard). Par ailleurs, l’association tient des permanences tous les premiers jeudis du mois au centre associatif rue, Jean-Richepin, à Clermont-Ferrand. « Nous avons aussi un projet de travail avec le Rectorat d’académie pour faire de la sensibilisation dans les établissements scolaires » souligne le Dr Anna Ferrier, responsable de l’Unité neurovasculaire du CHU.  

Contact association : 07.69.47.28.20 / franceavc63@gmail.com