Alain Bernard : « Le jour de mes 18 ans, j’ai raté à Chamalières ma qualification pour les championnats d’Europe juniors »

Alain Bernard : « Le jour de mes 18 ans, j’ai raté à Chamalières ma qualification pour les championnats d’Europe juniors »
A 38 ans, Alain Bernard bénéficie toujours d’une belle aura dans le milieu de la natation et notamment chez les jeunes nageurs

Le champion olympique du 100 nage libre à Pékin était de passage récemment à Chamalières, à l’occasion de son « Master Class Tour », des rencontres montées dans le cadre du partenariat qui le lie aux marques de natation MP Michael Phelps et Aqua Sphère. Le temps d’une après-midi, « l’Albatros » a partagé son expérience et distillé quelques conseils à la quarantaine de jeunes nageurs de l’ASM Chamalières Natation. Rencontres…

Info – Etiez-vous déjà venu au centre aqualudique Les Hautes Roches ?
Alain Bernard – Oui, c’était à l’occasion d’étapes de la coupe de France. On appelait ça la Vittel cup à l’époque avec un format de compétition sur trois jours. Cela faisait partie des déplacements un peu folkloriques où l’on partait en bus très tôt d’Antibes le vendredi matin pour nager ici même l’après-midi. J’ai un autre souvenir marquant. Le jour de mes 18 ans, j’ai raté à Chamalières ma qualification pour les championnats d’Europe juniors (sourire…).

I. – Vous vous êtes lancé dans une tournée de sept dates françaises, que peut-on dire de ces masterclass Alain Bernard que vous avez imaginées ?
A. B. – Ce qui me plaît, c’est de pouvoir partager mon expérience avec les jeunes. Je me suis rendu compte que j’avais encore cette notoriété qui me suivait dans le monde du sport et aussi dans la jeune génération. A travers les stages de natation que je réalise l’été à Antibes, j’ai trouvé intéressant de faire passer les bons messages auprès des nageurs afin qu’ils puissent s’engager pleinement dans cette démarche. J’ai proposé ce partenariat à MP et la marque a adhéré à ce projet en mettant en place cette tournée auprès des clubs partenaires. Au-delà de l’entraînement, qui est la partie anecdotique de l’après-midi, j’apprécie ces moments d’échanges où je les sensibilise sur mon parcours et l’on finit par un moment de convivialité autour d‘un goûter.

I. – Suscitez-vous toujours des vocations aujourd’hui ?
A. B. – Des vocations je ne sais pas mais il y a de l’intérêt de la part des jeunes nageurs. Et s’il y a de l’intérêt, il y aura peut-être quelque chose derrière. Je leur dis en tout cas qu’il faut y aller avec de la passion et de l’envie.

I. – Vous êtes ambassadeur de ces marques depuis quand ?
A. B. – MP, cela fait trois ans maintenant. Nous avons travaillé ensemble de différentes façons. Cela a commencé sur du développement technologique de matériel. Je suis allé visiter leur usine à Gènes où ils fabriquent les lunettes. Il y a une partie développement technique et une partie relations presse et relations publiques.

I. – Vous êtes membre du comité de direction de la Fédération française de natation, comment voyez-vous la natation évoluer ?
A. B. – Au sein du comité, j’ai suggéré il y a un peu plus d’un an l’emploi des outils technologiques associés à la performance. Cette demande a été acceptée voilà quelques semaines avec l’utilisation d’outils connectés. Nous plaçons des boitiers numériques derrière la tête du nageur capables de recueillir tous les paramètres de performance et les restituer quasiment en temps réel sur une tablette numérique. Ils seront en même temps stockés sur un cloud et ceci permettra à la Fédération d’avoir une cartographie de ce qui se fait sur l’ensemble du territoire. Les ligues seront responsables du matériel sur leur secteur géographique. Cet apport du numérique dans l’entraînement est important selon moi, même s’il n’est pas capital. Cela devrait générer du lien entre la Fédération et les clubs.

I. – Quel est votre regard sur la natation française actuelle ?
A. B. – En ce qui concerne la Fédération, nous sommes en pleine restructuration. Cela fait un an que l’on a changé de président, de direction technique et d’orientation sportive, et ce, dans les cinq disciplines. Il faut donc laisser du temps au temps. Nous avons quelques jeunes qui pointent le bout du nez. De là à dire que l’on a une équipe de France aussi forte que dans la période 2004-2012 est certainement audacieux. Il y avait à cette époque une génération extraordinaire en termes de densité et de résultats, même si l’on a connu des carences dans certaines nages comme la brasse dames, le 4 nages, et un peu également sur le demi-fond. Mais l’on met tout en place pour réussir.