Edito

Aimez-vous Uber un peu, beaucoup, pas du tout ? Tout dépend évidemment de quel côté du volant vous vous placez…

C’est un nouveau champ d’emplois, un nouveau modèle économique dont on ne cerne pas encore les limites. Pas plus, d’ailleurs, que l’on en connaît les travers, les nuisances ou que l’on en mesure le coût social. « L’ubérisation » ouvre des perspectives à des individus qui n’ont ni expérience, ni véritable savoir faire. Un simple permis de conduire en poche, un volant et le chauffeur made in Uber est en droit de transporter des passagers à bord de « son » véhicule, cassant ainsi le monopole que détenait les taxis. Au-delà de l’accession à l’emploi sans qualification particulière, ce modèle innovant a l’avantage d’imposer la concurrence et de jouer sur les prix, les poussant généralement vers la baisse. Dans un premier temps, l’usager peut acquiescer et souscrire au système : il dispose du choix et soulage éventuellement son porte-feuille. Le problème est que l’« ubérisation » va s’étendre inévitablement à d’autres professions, qu’il est un modèle rampant, conquérant, investissant les différents secteurs de l’économie et tirant les salaires toujours vers le bas. Et voilà que la profession de notre usager est à son tour menacée…

Uber et ses clones

On peut ainsi, presque à l’infini, décliner les futures conquêtes d’Uber et de ses clones : après le domaine des transports, l’univers médical, les services, l’alimentation… Plus besoin de diplôme, de label, de contrôle, plus besoin de compétence pour exercer un métier. Le journalisme lui-même connaît cette situation, chahuté par la tyrannie d’Internet qui constitue un gigantesque fourre-tout, où les informations se mélangent et se confondent dans un vaste tohu bohu, un perpétuel charivari, sans réglementation, ni filtre …
Quand Uber créé des emplois, dans le même temps, il détruit des professions et sacrifie des compétences sur l’autel de la mondialisation, de la concurrence à tout prix ou de l’extrême communication. Comme un rouleau compresseur.

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