Après 1an et demi de travaux, et un coût de 17 millions d’euros, le chantier du pôle d’échange intermodal de la gare SNCF arrive à échéance. Inauguration le 17 janvier prochain.

L’esplanade de la gare est désormais piétonne, et interdite aux voitures.

Si vous n’êtes pas un habitué du quartier de la gare, vous allez trouver du change-ment, avec la circulation des autobus urbains en site propre, la piétonisation de l’esplanade devant la gare dotée d’un parvis couvert, ainsi que la création d’un pôle intermodal routier. Celui-ci rassemble en un même lieu, les autocars TER de la SNCF, les cars départementaux Transdôme, et les autobus urbains. Ils voisinent avec une plate-forme C’vélo.
Ensuite, vous ne pourrez plus accéder en voiture sur le parvis ! Eh oui, la dépose-minute, c’est de l’autre côté, dans le parking SNCF, accessible depuis la rue Anatole-France. Vous circulerez aussi systématiquement sur une seule voie pour aller à la gare, que ce soit par l’avenue Albert-Elizabeth, ou l’avenue de l’Union- sovié-tique…Progressivement, les voies menant à la gare sont toutes devenues des artères à une seule file. Bravo les urbanistes !
« Nous avons voulu faire une gare à la hauteur d’une métropole », explique Fran-çois Rage, président du SMTC- Syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération clermontoise, maître d’ouvrage du PEI- Pôle d’échange intermodal, devant la gare. Il poursuit : « Ce chantier arrive enfin à terme. Les premières études remontent à 2000 ou 2001. C’est un chantier très complexe, mené avec RFF, la SNCF, la ville de Clermont-Ferrand, Clermont communauté, et l’État, le Conseil général, la Région et l’Union Européenne. Il reste encore à réaliser l’extension du parking SNCF et à réaménager le bâtiment de la gare ».
L’inauguration du pôle d’échange intermodal, c’est-à-dire le parvis, les quais des autobus, et l’accessibilité aux quais ferroviaires avec les ascenseurs, aura lieu le 17 janvier prochain.

Taxis mécontents

 

François Rage, élu cournonais, préside désormais le SMTC.

Les taxis ont pas mal souffert, comme tous ceux qui vivent et travaillent à proximité de ce grand chantier. « Nous sommes cachés en bas de l’avenue Albert-Elizabeth de-puis un an, et c’est préjudiciable. Les gens ne sont pas contents, ils ne nous voient pas, et l’on s’étonne qu’il n’y ait pas de taxis à la gare ». Marie-Laure Gory, taxi clermontoise constate :« Nous avons perdu un chiffre d’affaires important avec ce déplacement. Nous souhaitons rester devant la gare pour les gens qui arrivent avec des valises, les handicapés, et tous ceux qui ne veulent pas marcher. Nous disposerons d’un couloir d’accès sur le parvis, à coté du couloir des bus, mais on ne sait pas pour quand ce sera. Les choses ont changé plusieurs fois ».
« Leur situation est conforme à ce qui se fait dans toutes les grandes villes. De toute façon, nous ferons une évaluation lors d’une réunion qui aura lieu à six mois », assure François Rage qui se veut apaisant. « Les taxis sont stationnés en bas de l’avenue Albert- Élisabeth, où une file leur est réservée. Il faudra réaliser au plus vite un fléchage pour signaler leur emplacement aux voyageurs ».
La ville a supprimé tout un côté de stationnement de l’avenue Albert-Elizabeth, de la gare à la rue d’Aigueperse, pour attribuer ces emplacements aux taxis. Il fallait y pen-ser. On pourra donc venir à la gare SNCF à pied, en taxi, autobus et autocars, à vélo, mais plus en auto ! Ce gros chantier de plus d’un an a même commencé par le transfert de la dépose minute de l’autre côté de la gare. Comme si cela pressait à ce point…
« C’est vrai, cela m’a surpris quand je suis arrivé au SMTC, d’apprendre que la dé-pose minute était à l’arrière de la gare », explique François Rage. « D’autant plus que c’est long pour aller jusqu’au parking derrière la gare, depuis l’esplanade. Là aussi, si cela ne marche pas, on reverra cette situation dans les six mois. Mais il ne faut pas ou-blier que la situation antérieure n’était pas satisfaisante »
Elle tenait parfois de la foire d’empoigne, c’est vrai. La présence d’un policier aurait très certainement mis un terme au sans-gêne de quelques-uns, et discipliné cet usage. Mais, les policiers sont très occupés à d’autres tâches…
Le passage souterrain permet ensuite de rejoindre les guichets et les quais depuis le parking. Cette solution oriente une partie non négligeable du flux de voyageurs dans le sens opposé aux commerces de l’esplanade et des rues voisines.

Tramway ? pas forcément

 

Des ascenseurs permettront un accès aisé aux trois quais.

Reste la question du tramway ! « En 2015 nous allons faire une étude sur site propre de la ligne B depuis la place de Jaude à la caserne du 92 RI, et je voudrais que les travaux commencent dans trois à quatre ans », annonce François Rage. « En effet, de l’autre côté de la voie ferrée et jusqu’au Géant Casino et aux anciens abattoirs, un nouveau quartier va émerger dans 15 à 20 ans. Il y aura là des logements, des bureaux et un nouveau lycée clermontois dont l’implantation est décidée. Après la gare, la ligne B continuera en direction du Géant Casino.
« Faut-il un tramway ? Je vous répondrai que cela coûte 17 millions d’euros du kilo-mètre, tandis qu’un bus en site propre revient à 8 M€/km ! Les gens veulent des ho-raires tenus, une fréquence élevée, du confort et de la sécurité. Que ce soit un autobus ou un tramway, cela leur est égal.
« Les lignes B et C sont les plus denses du réseau, avec celle du tramway. Une cir-culation en site propre serait l’idéal pour chacune. Nous devrons trouver un équilibre entre tous les utilisateurs : piétons, vélo, auto et bus. Il faut partager ».
La ville de Clermont va faire une opération de rénovation dans le quartier. La SNCF va réhabiliter le bâtiment voyageurs. RFF- Réseau ferré de France a rénové le passage souterrain et installé des escalators aux deux extrémités. Les personnes à mobilité ré-duite auront l’accès aux trains sans problème, grâce à des ascenseurs sur les trois quais. La capacité du parking SNCF va presque doubler, de 217 à 415 places de sta-tionnement., sur deux niveaux. Ce chantier vient de démarrer à l’issue d’une campagne de fouilles archéologiques infructueuse. Il doit durer un an.
Et si La gare changeait d’adresse ? Elle est située avenue de l’Union-Soviétique, qui s’étire du lycée Jeanne-d’Arc à la caserne du 92 RI. Cette très longue artère qui fleure bon Joseph Staline, le goulag et la mort programmée de millions de civils, n’est pas la meilleure vitrine à offrir à ceux qui arrivent dans notre ville. Une « avenue de l’Europe » aurait une toute autre allure, peut-être pour l’esplanade ?
Photos : Valentin Uta

Marie-Laure Gory : « les taxis sont cachés en bas de l’avenue Albert-Elizabeth depuis un an, et c’est très préjudiciable ».

 

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