A qui le Tour ?

A qui le Tour ?
L’incomparable magie du Tour de France en montagne (© ASO) ;

Le Tour s’élance samedi pour trois semaines de course sur les routes françaises. Avec un favori solide et une opposition plus ou moins crédible.

Si le Tour de France devait réserver le même scénario que le dernier Giro, on ne s’ennuierait pas sur les routes de la prochaine Grande Boucle. C’est en effet à la veille de l’arrivée à Turin, lors de l’ultime col de l’épreuve, que la course italienne a livré son verdict, au terme d’un dernier rebondissement, d’un improbable renversement de situation et d’une chevauchée remarquable. Il faut toutefois remonter à des années en arrière pour trouver trace d’une telle bagarre sur le Tour, où la hiérarchie se dessine généralement dès les premières étapes de montagne. Et où il est rare d’assister à des bouleversements durant les derniers épisodes.

LE FAVORI

Le 4 juillet, au départ du Mont-Saint-Michel, la jolie carte postale, Christopher Froome s’élancera non seulement avec le maillot jaune (il est le vainqueur sortant) mais avec la pancarte de favori incontournable. Inexistant jusqu’au mois de juin, l’Anglais a prouvé sa forme et ses moyens lors du Critérium du Dauphiné. Sans l’ombre d’un doute et avec une facilité déconcertante, il a dominé ses rivaux dès que la route s’est élevée. Répondant aisément à leurs attaques, il les a déposés au moment opportun. Sans écraser le peloton, comme d’autres auparavant, il semble un ton au dessus. Et il dispose autour de lui d’une armada impressionnante : l’équipe Sky a les moyens de mener grand train, de bloquer la course ou de répondre aux attaques selon les scénarii. Ce qui n’est évidemment pas une bonne nouvelle pour le spectacle.

L’OPPOSANT

On dit qu’il est un grimpeur ailé. De la race des plus grands… Mais Nairo Quintana ne s’est encore jamais envolé sur le parcours du Tour de France. Second l’an passé et excessivement passif, il devra profiter cette fois-ci du parcours montagneux et déclencher les hostilités suffisamment tôt pour tenter de creuser des écarts dans les ascensions. Il s’est préparé en altitude, chez lui, dans la Cordillère des Andes pendant que les Européens s’alignaient sur le Dauphiné, le Giro ou le Tour de Suisse. Toutefois, à la lumière du passé, rien ne prouve qu’il soit meilleur que Froome dans les cols.

LES OUTSIDERS

Alberto Contador est un battant et son ambition reste intacte. Mais il n’est pas sûr que ses jambes soient à la hauteur. Sa prestation au Critérium du Dauphiné (malgré sa victoire dans le contre-la-montre) s’est révélée en demi-teinte. On l’imagine plutôt placé que gagnant. Fabio Aru, lauréat de la dernière Vuelta, n’a rien prouvé depuis l’été dernier sinon son caractère. Cela risque de s’avérer insuffisant. Il aura à ses côtés son compatriote Vincenzo Nibali, le vainqueur du Giro, qui n’a pas inscrit le Tour 2016 parmi ses objectifs. Entre les deux hommes, la hiérarchie devrait se dessiner en cours d’épreuve. Mais il est peu probable que la doublette italienne empêche Froome de dormir.

A qui le Tour ?
Quintana devant Froome dans le Tour 2015. Les deux hommes sont les favoris de l’édition 2016 (©ASO) ;

LES FRANÇAIS

Le maillot jaune (à Paris) semble toujours inaccessible aux coureurs Français. Mais ils sont au moins deux à pouvoir rêver à la troisième marche du podium. Thibaut Pinot a les meilleures cartes en mains, tant il est à l’aise en haute montagne et tant il a progressé en contre-la-montre. Coureur offensif et intelligent, Romain Bardet présente aussi quelques atouts sans toutefois afficher des certitudes dans les escalades les plus difficiles.

LE PARCOURS

Il est dessiné pour aller crescendo. Le Massif-Central avec l’arrivée au Lioran constituera le premier rendez-vous avec la (moyenne) montagne. Les deux journées et demi dans les Pyrénées devraient largement décanter la situation… Espérons qu’un coureur n’y assommera pas le Tour. Il restera à franchir le Ventoux qui demeure un monument, un mythe. Et surtout, la dernière semaine, avec l’enchaînement d’une sévère étape dans le Jura et de quatre journées corsées dans les Alpes, promet beaucoup. Les grimpeurs n’ont pas à se plaindre…

A qui le Tour ?
Une popularité qui ne se dément pas au fil des années (© ASO).

Marc FRANÇOIS

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