Maxime Méderel raccroche en douceur

Maxime Méderel raccroche en douceur
Maxime Méderel raccroche en douceur

A 36 ans, sans équipe après l’arrêt d’Europcar, Maxime Méderel a été contraint de mettre fin à sa carrière professionnelle. Mais, il n’a pas raccroché son vélo, puisqu’il s’investit dans l’UV Limousine, son club formateur.

Pour les jeunes coureurs de l’Union Vélocipédique Limousine, il symbolise la réussite, mais pour les nombreux membres de son fan club, c’est avant tout «Maxou», le cycliste régional, toujours souriant, avec qui ils ont pu vibrer sur trois épreuves cyclistes majeures, dont le Tour de France en 2013.
Entré à l’école de vélo de l’UV Limousine à 6 ans, il a rapidement engrangé des résul-tats, puis des victoires, en minime et junior. Il aurait aimé continuer sur cette lancée et inté-grer, le plus tôt possible, une carrière de cycliste professionnel, mais ses parents voulaient qu’il termine ses études. «En 2000, j’ai intégré une école hôtelière, tout en continuant de courir. En 2003 et 2004, j’ai eu la chance de participer au tour de l’Avenir, qui a été un tremplin pour débuter ma carrière professionnelle l’année suivante», avoue-t-il. Car son profil de grimpeur intéressait l’équipe Auber 93, qui lui a offert son premier contrat. «J’étais d’autant plus heureux que j’ai beaucoup cravaché pour y arriver», reconnaît-il, se souve-nant avec une émotion intacte du jour où il a accroché son premier dossard, aux côtés de quelques «grands cyclistes que j’admirais à la télévision». «Mais, cette fois, j’étais dans le grand bain, à côté d’eux» sourit-il.

REVE EXHAUSSE

Maxime Méderel découvre alors l’univers des équipes professionnelles. «Nous étions très bien entourés, très suivis, il y avait presque une personne pour deux coureurs, mais ce n’était rien à côté de la logistique de l’équipe ProTour Crédit Agricole, composée de 30 coureurs. Il allait falloir trouver sa place. Le programme des courses était établi en fonction des qualités et de l’état de forme des coureurs. Avant de rêver à une arrivée sur les Champs Elysées, je devrais donc faire mes preuves». Deuxième au Trophée des grimpeurs en 2007, il devait cependant s’entraîner dur et enchaîner les podiums dans l’espoir de décrocher sa sélection pour la Grande Boucle. «C’était un rêve de gosse, qui s’est enfin réalisé en 2013, où j’ai participé à mon premier Tour de France, avec Sojasun». Il termine 52e du général, et 12e français. «L’ambiance est vraiment particulière, surtout lors de la dernière étape, qui arrive malheureusement trop vite, mais que c’est merveilleux de déboucher sur cette grande avenue, noire de monde». Pour atteindre ce graal, il faut respecter à la lettre les consignes d’un staff très compétent. «La technologie est importante, l’approche est très scientifique, les efforts fournis lors des entraînements sont analysés quotidiennement pour déterminer votre état de forme. L’hygiène de vie doit être rigoureuse» prévient-il.

RACINES LIMOUSINES

Le coureur Limousin a évidemment pu bénéficier des conseils avisés de quelques uns de ses aînés, Luc Leblanc et Raymond Poulidor notamment. Il est aussi resté très proche de son public, grâce notamment, fait assez rare parmi les coureurs, à un fan club très actif. «Nous devons apprendre à gérer le public, car après chaque arrivée, il faut veiller à avoir une bonne récupération».
La chute, événement redouté par tous les coureurs, est survenue en 2015, à l’entraînement. «Cette chute et la disparition d’Europcar ont clairement perturbé l’avenir de ma carrière professionnelle. Pour n’avoir aucun regret, j’ai démarché d’autres équipes, mais finalement, après 11 ans chez les pros, j’ai estimé qu’il était temps de tourner la page».
Maxime Méderel est naturellement revenu vers l’UVL pour aider les jeunes et continuer à profiter du vélo. Cet été, il s’est impliqué dans l’organisation du Tour du Limousin et désormais, il se consacre à la création du premier cyclo-cross Maxime Méderel, sa discipline de prédilection lorsqu’il était jeune coureur. Il aura lieu le 22 octobre prochain, autour de Chaptelat, sur un circuit tracé en collaboration avec Christophe Deluche.
Il prend aussi le temps de se remémorer une carrière professionnelle qui a impliqué beaucoup de sacrifices, mais lui a offert la chance de participer aux trois épreuves ma-jeures de la discipline, les tours de France, d’Espagne et d’Italie.Maxime Méderel raccroche en douceur

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