Dernier hommage à Raymond Poulidor

Dernier hommage à Raymond Poulidor
Les accordéonistes ont accompagné la sortie du cercueil

Gloires du cyclisme et anonymes ont affronté la morsure du froid pour accompagner « Poupou », l’éternel second, dans son dernier voyage. Une cérémonie sobre, à l’image de l’humilité de celui qui restera pour toujours premier dans le cœur du public.

Sous un pâle soleil de novembre, dans la belle cité ville médiévale de Saint-Léonard-de-Noblat où il était fréquent de croiser Raymond Poulidor sur son vélo, de nombreux anonymes, parfois venus de très loin, se sont rassemblés sur la place jouxtant la collégiale dans laquelle 400 invités s’étaient massés. De nombreux coureurs du Tour de France, mais également d’amateurs de la petite reine ont tenu à rendre un dernier hommage à celui que beaucoup appelaient affectueusement « Poupou ». Aux côtés de Jean-Marie Leblanc et Christian Prudhomme, ancien et actuel directeur du Tour de France, André Dufraisse, Lucien Aimar, André Darrigade, Marc Madiot, Luc Leblanc, Maxime Méderel, ainsi que Bernard Hinault et Bernard Thévenet, deux des trois derniers vainqueurs français de la Grande Boucle, on notait la présence de la ministre des Sports Roxana Maracineanu, entourée de nombreux élus.

Claude Fayemendy, le président du Tour du Limousin, a accueilli avec une profonde émotion les invités. « C’est une perte immense pour le rayonnement de notre épreuve », lâchait ce grand ami de Poulidor, en écrasant une larme. Leur dernière rencontre remonte à une vingtaine de jours, mais il se souvient surtout qu’« après l’arrivée de l’ultime étape du Tour du Limousin, en août dernier, nous avons dîné ensemble et il a insisté pour que je m’assieds face à lui ».

Dernier hommage à Raymond Poulidor
Le public recueilli

Foule émue

Avant de résumer le riche palmarès de Raymond Poulidor avec ses 189 victoires, Daniel Mangeas, le speaker officiel du Tour pendant 40 ans, a évoqué l’ami « qui était heureux d’être sur une course, qu’elle soit petite ou grande. Il y était comme un poisson dans l’eau. Il restera à tout jamais une belle personne, pleine d’empathie et de bienveillance avec les coureurs, avec le public. Le vélo était toute sa vie, il disait d’ailleurs souvent que lorsqu’il ne viendrait plus sur le Tour, c’est qu’il serait mort ». Et de rappeler que la première étape qu’il a commentée a été remportée par Poulidor.

Parmi les quelque 2000 anonymes massés sur la place Gay-Lussac, des habitants de Saint-Léonard-de-Noblat, très reconnaissants de la notoriété qu’il a apportée à la ville, mais aussi des admirateurs, à l’image de Kristin et John, un couple d’Anglais vivant en Creuse, venus à vélo, dire un dernier au revoir à celui qu’ils croisaient souvent sur les routes des alentours et dont ils ont tant admiré la combativité lors des épreuves.

Claude Louis, l’ancien DTN de la fédération française de cyclisme, s’est réjoui de la tonalité de cette cérémonie, à laquelle assistaient de nombreux cyclistes amateurs, « dont beaucoup ont été ses compagnons de route et de belote ».

Dernier hommage à Raymond Poulidor
Les fans de la première heure

Perpétuer la mémoire

S’adressant aux deux petits-fils de Raymond Poulidor, l’ancien cycliste professionnel Luc Leblanc a vanté les qualités de travail de « Poupou » et son respect du public et de ses adversaires, invitant Mathieu van der Poel, le très prometteur champion du monde de cyclo-cross à « très rapidement ramener un maillot jaune aux habitants de Saint-Léonard ».

Jean-Claude Leblois, le président du Conseil départemental, ami de Raymond Poulidor s’est souvenu de « tous les moments d’émotion qu’il a apportés aux habitants de cette région qui se reconnaissent en lui. Il a marqué ma jeunesse, il était mon héros, devenu aujourd’hui une légende qui restera dans la mémoire de tous. Nous réfléchissons à la meilleure manière de lui rendre hommage, notamment lors de l’étape du Tour de France, qui, le 9 juillet, traversera le département sur 110 kilomètres de routes identiques à celles sur lesquelles il se battait avec d’autant plus de fierté qu’elles étaient celles de son territoire. Nous cherchons à commémorer sa grandeur au quotidien, à travers un symbole, qui pourrait être installé ici, à Saint-Léonard, et qui traduise au mieux cette simplicité que le public aimait tant ». 

La cérémonie s’est achevée par une ultime procession des admirateurs, avant que le cercueil ne quitte la collégiale au son de l’accordéon pour une inhumation dans l’intimité familiale.

Julien Moreau

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