Anthony Deslias : survivre pour la moto

Anthony Deslias : survivre pour la moto

Deux ans après avoir été fauché par une voiture alors qu’il rentrait d’une balade entre amis, Anthony Deslias a retrouvé les sensations de la moto et force l’admiration de tous en terminant troisième de sa première course handisport.

L’histoire d’amour entre les motos et Anthony ne date pas d’hier. «J’ai eu ma première moto à l’âge de trois ans, car mon père était lui aussi un grand passionné», explique-t-il. Après avoir pratiqué le moto-cross, il s’est orienté vers la moto de loisirs, avec une 125 cc à 16 ans et des cylindrées plus grosses dès sa majorité. Et c’est au guidon d’un tel gros cube qu’il a frôlé la mort, le 4 juin 2017, entre Saintes et Royan, en rentrant d’une sortie entre amis. Le choc est très violent et les dégâts physiques importants, à tel point que le chirurgien décide d’amputer son bras et sa jambe gauche. «Les médecins m’ont dit que j’avais même fait un arrêt cardiaque durant le transport», précise ce véritable miraculé de la route.

Dès qu’il a eu pris conscience de son état, deux solutions s’imposaient à lui. Soit il se lamentait sur son sort et risquait de perdre tous ses amis, soit il relevait la tête et se lançait dans un nouveau combat pour retrouver une vie normale. «Je n’avais commis aucune faute de pilotage, je n’étais d’ailleurs pas responsable de cet accident. J’avais envie de remonter sur une moto, mais plus sur la route», lance-t-il. Ce sera donc sur le circuit du Val de Vienne au Vigeant. Autour de lui, l’équipe médicale reste dubitative sur ce défi, mais en accepte l’augure.

Anthony Deslias : survivre pour la moto
Cette première coupe est une grande victoire sur l’adversité

Retrouver l’univers des motards

Avant l’accident, Anthony aimait assister aux courses motos avec son groupe d’amis. Pour pouvoir rapidement remonter en selle, il s’est lancé dans la rééducation avec une volonté de fer, à tel point qu’il l’a réduite à 6 mois au lieu des deux ans annoncés.

Anthony peut alors retrouver l’ambiance des circuits, notamment celui du Mans, où il rencontre des pilotes handisport. «Nous avons créé des prothèses adaptées et quelques mois plus tard, j’ai racheté une nouvelle moto. Il a ensuite fallu ramener toutes les commandes à droite et réapprendre à piloter et avec un seul bras, cela ne s’annonçait pas simple, car piloter une moto est très physique. Au début, j’étais incapable de m’arrêter seul», se souvient-il. Sa détermination force l’admiration de ses amis, notamment Dimitri, son copain d’enfance, qui avait arrêté la moto après l’accident d’Anthony, mais qui reprend plaisir à courir sur circuit à ses côtés. «J’ai été bien aidé par Franck Nourry, le gérant d’un atelier de réparation de motos, et par un préparateur automobile limougeaud. Leurs précieux conseils et un entraînement rigoureux m’ont permis de progresser et de terminer troisième en catégorie 600 cm3, lors de ma première course du championnat PMR Cup», avoue-t-il.

Une sacrée performance pour le pilote le plus lourdement handicapé de la course. Cela a renforcé son esprit de compétition et sa détermination à participer au championnat international.

Et pour faire découvrir l’esprit motard aux autres handicapés, Anthony Deslias a créé l’association «Rouler pour vivre».

www.facebook.com/roulerpourvivre38

Julien Moreau

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