Les Zébrures : l’An 1 du griot Hassane Kassi Kouyaté

Les Zébrures : l'An 1 du griot Hassane Kassi Kouyaté
En quelques mois, Hassane Kassi Kouyaté a déjà impulsé une nouvelle dynamique

La 36e édition des Zébrures d’Automne aura lieu du 25 septembre au 5 octobre.

Rebaptisé « Les Francophonies, des écritures à la scène », le Festival international des Francophonies de Limoges galopera désormais en mode deux temps et sur deux distances, d’une part, profilé « Zébrures de Printemps » (du 13 au 22 mars à la Maison des auteurs, comme une mise en bouche avec lectures et mises en espace de textes ; déjà quelque 200 auteurs ont été accueillis depuis la création de ladite Maison) et, d’autre part, et… pour quelques rayures de plus, des « Zébrures d’Automne ».

A la caserne Marceau

Des « Zébrures » pérennisées par les collectivités territoriales et par l’État, positionnées sur un nouveau lieu plus vaste (l’ex-caserne Marceau), pilotées par un homme de l’art, Hassane Kassi Kouyaté, adoubé à la barre depuis ce début 2019, et présidées depuis 2013 par un garant heureux parce que rasséréné, le président Alain van der Malière, à l’origine de la création et de l’ancrage du Pôle francophone à Limoges. Une « Zébrure d’Automne » de transition préfigurant une année 2020 de mutation pour laquelle les sollicitations et les propositions de créations se pressent déjà avec une ouverture sur la cité et ses habitants que beaucoup souhaitaient ardemment.

Pôle conforté Hassane Kassi Kouyaté a déjà, en quelques mois, impulsé une nouvelle dynamique à un festival qui aura frôlé la disparition en 2009 après une sévère amputation de 130.000€ par le ministère des Affaires… étrangères. Les deux visites successives de l’ex-ministre de la Culture Françoise Nyssen ont, depuis, conforté la place stratégique de Limoges dans le rayonnement de la francophonie – Limoges, seul pôle de création francophone -, lui accordant, au-delà d’une flatteuse reconnaissance, les moyens de satisfaire aux exigences d’une programmation inspirée, volontariste et de qualité.
En place depuis la mi-octobre 2018, Franck Riester paraît avoir hérité des mêmes louables et bienveillantes attentions que Françoise Nyssen puisque, entre autres signes, le comité de pilotage des acteurs culturels de la création francophone se délocalisera le 3 octobre à Limoges. Ceci correspond au vœu du président Macron de « ragaillardir » la francophonie. Restera à s’ouvrir plus encore au Québec, à la Louisiane, au Cambodge, au Liban, à la Géorgie, au Maghreb et à bien d’autres territoires plus ou moins délaissés, où le français a pourtant un rôle important à tenir.

Cinéma intronisé

La programmation des « Zébrures d’Automne » – ouvertes le 25 septembre par une déambulation participative chorégraphiée par la Martiniquaise Josiane Antourel, et clôturées le 5 octobre sur une « nuit francophone » de 18h à 6h du matin avec lectures, concerts, bals -, proposera théâtre, danse, musique, cirque contemporain, marionnettes, débats, formations, prix littéraires, et un embryon de programmation cinématographique, avec deux documentaires, le premier sur Simone et André Schwarz-Bart (La mémoire en partage, réalisé par Camille Clavel sur une musique de leur fils le sax Jacques Schwarz), et le second ciblant Sony Labou Tansi (Je ne suis pas vivant mais poète, de Julie Peghini).

Des invités

Parmi les invités, on relève les noms de l’Israélien et pro-palestinien Joshua Sobol, d’Auguste Ouédraogo, de Jean-Claude Berutti, Mohamed Kacimi, Jean-Claude Fall, du remarquable marionnettiste chinois Yeung Faï, de la Serbe Sonia Ristic, d’Hervé Loichemol, du clown belge Danny Ronaldo (Fidelis Fortibus, sous chapiteau), de la chanteuse acadienne Chloé Bréault, les Guadeloupéens du trio Delgres…
Cette nouvelle ère inscrit en outre sa volonté d’impliquer et fédérer les potentialités logistiques locales (Opéra, Expression 7, l’Union, Espace Noriac, les centres culturels, la BFM, l’Université) et périphériques (Feytiat, Uzerche, Lubersac), et de valoriser les talents « d’ici » comme le metteur en scène David Gauchard et le chanteur et musicien sénégalais Ousseynou Mangane.
En projet : la dynamisation d’une Association des Amis du festival, voire la création d’un club de partenaires privés. Enfin, en hommage au passé et aux anciens qui ont fait les Francos, tels Monique Blin et Patrick Le Mauff, il est probable qu’une place affectueuse sera réservée à Françoise Danell, la veuve de Pierre Debauche, premier directeur du Centre dramatique national de Limoges et créateur en 1984 de ce précieux Festival des Francophonies.
Afin de symboliser l’entrée dans cet An 1 d’une ère nouvelle, pourquoi, le jour de sainte Fleur, le 5 octobre, ne pas planter un « arbre à palabres » ! En guise de clin d’œil reconnaissant à la mère Afrique…

Chris McQUEEN
Photo : D.R.


Renseignements : Maison des auteurs, 11, avenue Charles-de-Gaulle à Limoges. Tel : 05.55.10.90.10. Programmation des  »Zébrures d’Automne » : www.lesfrancophonies.fr

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