Le plastique, un matériau non grata

Le plastique, un matériau non grata

Voilà quelques mois déjà que la plupart des sacs plastiques ont disparu des caisses et étals et ce, grâce à une législation récemment durcie. La guerre contre ce polluant ne fait toutefois que débuter.

Les Français sont de grands consommateurs de plastique. Quelque cinq milliards de sacs à usage unique ont été distribués en caisse en 2015, tandis que plus de douze milliards de sacs ultrafins ont servi à transporter des fruits et légumes. Or, non seulement ces déchets mettent plus de quatre siècles à se désagréger mais ils finissent trop souvent dans la nature et l’océan où ils font des ravages sur la faune sauvage. Autant de raisons qui ont – enfin ! – poussé l’État à prendre les choses en main.

Les sacs fins prohibés

Si la question de la diminution des sacs plastique a été abordée par les élus dès le début des années 2000, ce n’est finalement qu’à travers la loi sur la transition énergétique de 2015 qu’une véritable politique a été amorcée en la matière. Première étape : le 1er juillet 2016, le texte a interdit la distribution gratuite ou payante des sacs de caisse plastique de moins de 50 microns d’épaisseur. L’objectif : mettre fin à un gaspillage colossal. Et pour cause ! Ces sachets fins, destinés à un usage unique, n’étaient utilisés en moyenne qu’une vingtaine de minutes entre leur remise en magasin et l’atterrissage dans la poubelle du consommateur.

Deuxième étape : après quelques mois de sursis, leurs homologues ultrafins, fournis hors caisse, ont eux aussi été bannis des magasins et des étals au 1er janvier 2017. On parle ici surtout des sachets servant à emballer les fruits et légumes, produits en vrac, fromages à la coupe, viandes et poissons, dans les grandes surfaces, commerces de proximité et marchés. Sont aussi concernés tous les produits, même non alimentaires, vendus en magasin ou encore dans les stations-service et pharmacies. Même les brocanteurs doivent s’y soumettre !

Le plastique, un matériau non grata

Le plastique toujours en circulation

Est-ce à dire pour autant que ces polymères ont disparu ? Oh que non ! Bien que les besaces en tissus, tote bags en toile et autres chariots à roulettes soient aujourd’hui revenus en force dans le quotidien des consommateurs, la législation n’a pas complètement renié le plastique. Les caissières des grandes surfaces et des drives peuvent toujours proposer ce type de sacs, à condition qu’ils soient réutilisables. En d’autres termes : le sachet plastique doit faire plus de 50 microns d’épaisseur. Au client de prendre ses responsabilités en le rapportant pour de prochaines commissions, plutôt que de le jeter à la poubelle. Un réflexe loin d’être encore ancré dans les mentalités…

Quant aux sacs distribués hors caisse, ils doivent dorénavant être en papier ou en plastique biosourcé compostable en compostage domestique. Quèsaco ? Ces pochettes intègrent dans leur composition des matières biodégradables comme l’amidon de pomme de terre ou de maïs, qui permettent de les recycler sous forme de compost. Bémol : la teneur biosourcée minimale est actuellement de 30 %, laissant donc 70 % de plastique. La loi a prévu d’augmenter progressivement la part des matières végétales à 40 % en 2018, 50 % en 2020 et 60 % en 2025. On est donc loin d’en avoir terminé avec le plastique !

Il n’empêche, le législateur poursuit ses efforts. Prochaine cible : la vaisselle jetable. À partir du 1er janvier 2020, gobelets, verres et assiettes en plastique devront eux aussi intégrer au moins 50 % de matières biosourcées dans leur composition. Un petit pas de plus sur le long chemin qu’il nous reste encore à parcourir pour bannir définitivement ce polluant redoutable de notre quotidien.

Julie Polizzi.
Photos © iStock / City Presse.

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