Claude Berton À toute vitesse

Claude Berton À toute vitesse
« J’ai mené la vie que je voulais ».

Trois mots suffisent à résumer la vie du peintre Claude Berton, les voitures, les femmes et l’aventure.

Claude Berton n’a jamais dévié de sa route, toujours en quête d’une nouvelle monture pour assouvir sa passion de l’automobile, d’une jeune femme à séduire ou d’un voyage improbable à accomplir. Alors que ses quatre-vingts ans ont sonné au compteur, il regarde dans le rétroviseur sans regrets et sans nostalgie, préférant songer aux lendemains qui chantent.
Claude a toujours vécu dans l’instant, sans plan de carrière, au feeling, en improvisant pour vivre pleinement sa passion pour les belles mécaniques… même si elle l’a conduit à emprunter des chemins de traverse. Ce titi parisien, né en 1936 à Montreuil, a grandi dans un milieu « bourgeois fantaisiste », des origines assumées.
« Mon père était un industriel de la chimie, ma mère était pianiste raconte-t-il. Enfant unique, j’ai très vite été indépendant, vivant sans l’assistance de mes parents, ils avaient leur vie, j’avais la mienne et pendant la guerre, j’ai vécu chez mes grands-parents ».
A trois ans, le garçonnet dessine déjà des voitures, à quinze il veut être pilote, ouvrir son garage ce qu’il fera plus t4092ard. Peu doué pour l’école, il passe son temps au garage du coin de sa rue. En seconde, il quitte le lycée, entre à l’école des arts appliqués et décroche, cinq ans après, un diplôme d’esthétique industriel puis il enchaîne par l’école des Beaux Arts pour apprendre la peinture. En sortant, il travaille au bureau d’études de Général Motors « Je dessinais des machines à laver ! »… il en sourit encore. En 1959, il se marie, est appelé sous les drapeaux pour vingt-sept mois dans une Algérie en guerre.
« J’ai toujours eu de la chance, j’ai échappé à la mort et une femme m’a réformé pour inaptitude à la vie militaire, j’ai toujours croisé une femme au bon moment dans ma vie ».
Il divorcera en 1976 et rempilera en 1990 pour un contrat de trois ans cette fois-ci car pour cet homme sans compromis, la vie à deux n’est pas une sinécure.
« J’ai toujours vécu en célibataire même quand j’étais marié avoue-t-il avec humour, je suis un amant vacataire. Quant aux enfants, me reproduire ne m’a jamais effleuré ». Il collectionnera les conquêtes comme les voitures et malgré son âge, son charme de gentleman aventurier opère toujours. « Mon père était un playboy dans les années 30, j’ai hérité de ses gênes » lance-t-il.
De retour d’Algérie, il enseigne le dessin dans un lycée parisien durant deux ans. Il prend un virage à quatre-vingt-dix degrés après la destruction de l’usine paternelle, obtient un brevet de technicien agricole. Il s’installe en Normandie. « Mes 350 brebis ont eu la brucellose, j’ai dû les faire abattre cinq ans après ». Il part pour le Cantal et travaille, en parallèle, comme architecte pendant quinze ans. Collectionneur de voitures anciennes, il n’a pas renoncé à courir.
En 1976 et 1977, il est sacré Champion de France VEC sur une Racer DB Panhard qu’il cédera à un ami la transformation à Limoges de son garage en loft où il vit depuis vingt ans. Si Claude ne s’est pas attaché pas aux femmes, il est resté fidèle à sa ville d’adoption, connue grâce à sa première épouse, et à quelques voitures qu’il a possédées notamment sa Rosalie Citroën qui le mena jusqu’à Dakar voilà sept ans Après l’avoir vendue, il l’a rachetée de même que sa Barquette qu’il prépare.
Depuis quarante ans, ses dessins d’automobiles et d’avions sont devenus sa signature. La sagesse venant, le peintre a refréné sa frénésie de voyages en Afrique après plusieurs périples homériques. « J’ai mené la vie que je voulais, j’ai posé mes valises avoue-t-il. Suite à un souci de santé, j’ai perdu mon sang de voyageur après une transfusion. Le donneur devait être plus calme ! ». Toujours le mot pour rire… Jusqu’à la fin de l’année, il expose au restaurant Le France et sera présent lors du Grand Prix Limoges Classic.

Corinne Mérigaud
Photos © Yves Dussuchaud

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.