Jean Lambert-wild : « L’Union : le plus grand bien pour le plus grand nombre »

Depuis le 1er janvier 2015, Jean Lambert-wild est le directeur du Théâtre de l’Union-Centre dramatique national du Limousin. Il est actuellement en tournée avec « Richard III-Loyauté me lie », qui rencontre un grand succès.

Jean Lambert-wild : « L’Union : le plus grand bien pour le plus grand nombre »
« Mon but est de créer des emplois et de faire en sorte que l’argent public soit bien utilisé »

Info : Quels sont les moments forts à venir de cette saison 2015/2016 ?

Jean Lambert-wild : Il y aura bien bientôt « Monologue d’or et Noces d’argent », préparé par Fargass Assandé et joué par des académiciens, dont trois originaires de Côte d’Ivoire et du Togo. Dans ces croisements se construisent tous les bienfaits de ce Pôle de la francophonie que nous essayons de mettre en œuvre sur notre territoire. Sans oublier «La capitainerie des langues » avec Sony Labou Tansi…

Info : Quelques révélations sur la prochaine saison ?

J.-L.-w : Nous reprendrons certainement « En attendant Godot ». Les artistes coopérateurs (David Gauchard, Lucie Bérélowitsch, Marcel Bozonnet et Nathalie Fillion) se-ront présents. Pierre Pradinas (NDLR : le prédécesseur de Jean Lambert-wild) reviendra à Limoges pour présenter « La Cantatrice chauve ». Nous poursuivrons cet esprit à la fois d’ouverture et d’exigence. La devise du Théâtre de l’Union, qui est « Le plus grand bien pour le plus grand nombre », était d’ailleurs celle l’Union des coopérateurs de Limoges.

Info : Qu’en est-il des jeunes académiciens ?

J.L.-w : La nouvelle promotion va bientôt être choisie avec une nouveauté : le premier tour a lieu à Limoges, à Orléans, à Bordeaux et en Martinique. Cela va permettre à beaucoup de jeunes de se présenter à ce concours, qu’ils n’auraient pas pu passer faute de moyens. Le second tour se déroulera comme d’habitude à Limoges.

Info : « Richard III-Loyauté me lie » est actuellement en tournée avec déjà 80 dates. C’est une belle réussite ?

J.L.-w : Je n’ai pas la même politique que beaucoup de mes camarades : je tiens à l’idée d’un théâtre de répertoire avec des spectacles qui tournent pendant des années. Avec « Richard III-Loyauté me lie », j’ai bon espoir de faire 150 dates nationales et internationales. Nous allons jouer en Suisse en Belgique… Il y aura une reprise en Angleterre, puis ce sera le Japon, les Etats-Unis…

Info : Les représentations à l’international donnent-elles davantage d’envergure à un spectacle ?

J.L.-w : Il est évident que la reconnaissance d’un travail au-delà de certaines frontières traduit quelque chose… comme l’appétence que l’on a à aller vers les autres. Au-delà de tout cela, mon but est de créer des emplois et de faire en sorte que l’argent public soit bien utilisé.

Info : A ce titre, on dit souvent que les financeurs publics sont « frileux ». Qu’en pensez-vous ?

J.-L.-w : Ce n’est pas vrai et c’est un lieu commun. Ce n’est pas une question de frilosité. Aujourd’hui, il y a de réels problèmes de finances publiques, de réaménagement de notre territoire… Je pense qu’il est primordial que nous gardions à l’esprit l’importance dans notre pays du développement de la culture et de l’accompagnement culturel par les pouvoirs publics. Car, c’est source d’emplois, de bénéfices par capillarités notamment. La culture est également une image forte de rayonnement. Mais l’argent public n’est pas un dû. Néanmoins, les politiques ont conscience que parfois ça marche et d’autres pas. La frilosité vient parfois de notre milieu. Sommes-nous capables de nous réinventer et de nous réinventer nous-mêmes dans le monde dans lequel nous vivons ?

Info : On vous sent passionné…

J.L.-w : Le théâtre, c’est toute ma vie. J’y mets tout mon amour, toutes mes émotions. Le théâtre c’est ce qui fait de moi un homme libre, ce qui me permet de m’éduquer chaque jour, de disparaître à un moment pour apparaître autrement. De ne plus avoir peur de la mort. De rencontrer de divines personnes. C’est un chemin sur lequel chaque certitude se forge dans l’incertitude suivante. Au théâtre, jamais rien n’est gagné : il faut toujours, quelle que soit la représentation, faire assaut de volonté et d’émotion.

Jean Lambert-wild : « L’Union : le plus grand bien pour le plus grand nombre »

Propos recueillis par
Anne-Marie Muia
Photos © Yves Dussuchaud

 

CV Express
1989 : Début de la construction de l’Hypogée
1994 : Rencontre de Mathias Langhoff
2000 : Naissance de son fils Camille
2002 : Naissance de sa fille Aimée
2003 : Création de Crise de nerfs – Parlez-moi d’amour, Deuxième Confession de l’Hypogée, dans le cadre du Festival d’Avignon 2003
2005 : Création de Mue Un discours de Sereburã, accompagné d’un rêve de Waëhi-po Junior et des mythes de la communauté Xavante d’Etênhiritipa, Première Mélopée de l’Hypogée, dans le cadre du Festival d’Avignon 2005

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