« 37M€ d’aide en faveur des lycéens et apprentis pour la rentrée 2019 »

« 37M€ d’aide en faveur des lycéens et apprentis pour la rentrée 2019 »
Alain Rousset, le président de la Région Nouvelle-Aquitaine (©Twin/Région Nouvelle-Aquitaine)

A l’instar des autres collectivités, la Région Nouvelle-Aquitaine a « fait sa rentrée ». Entretien avec Alain Rousset, le président.

Info Haute-Vienne : Quelles sont les mesures mises en œuvre par la Région Nouvelle-Aquitaine pour les lycéens ? Et pour les apprentis ?

Alain Rousset : La Région consacre 37M€ d’aide en faveur des lycéens et apprentis pour la rentrée 2019, qui est marquée par l’instauration de la gratuité des manuels scolaires. Concrètement, cela permet à 114.000 élèves de bénéficier auprès de 60 librairies du renouvellement des manuels scolaires pour les filières technologiques et générales. Cette mesure, échelonnée sur 2 ans, concerne pour les élèves de seconde et de première. Dès 2020, ceux de terminale en bénéficieront également. 

En outre, l’aide régionale permet également l’instauration d’un nouveau chèque-livre de 20€, utilisables auprès de 120 libraires pour 223.000 lycéens et apprentis, ainsi que le financement du premier équipement pour les jeunes, lycéens et apprentis inscrits en filières professionnelles. Selon la filière, cette aide varie de 110€ à 300€.

Enfin, la Région déploie pour tous les lycées publics une nouvelle offre de services numériques, baptisée « Lycée connecté ». Cette plateforme remplace les anciens espaces numériques de travail (ENT) en proposant de nouveaux outils et une meilleure ergonomie. Sans oublier les constructions, modernisations et autres travaux engagés dans tous les lycées de nos territoires pour offrir de bonnes conditions d’accueil et d’enseignement.

« 37M€ d’aide en faveur des lycéens et apprentis pour la rentrée 2019 »
Le président du Conseil régional à la rencontre des apprentis (Région Nouvelle-Aquitaine)

Info : Pourquoi avoir favorisé la lecture avec les chèques-livres ?

A.R. : En un mot : pour encourager la lecture, tout en pérennisant les libraires indépendants. Le numérique bouleverse notre environnement quotidien, et celui de l’école la formation sont fortement questionnés. Or, au moment où les manuels scolaires et les documentations techniques basculent progressivement dans un format numérique, il me paraît indispensable de fournir à tous les jeunes, et pas seulement ceux qui ont la chance d’avoir auprès d’eux une bibliothèque bien garnie depuis leur naissance, des livres sur étagère. Le goût et les aptitudes à la lecture, au développement d’une culture, doivent être offerts à tous, et pas uniquement à une partie de jeunes. C’est là que se construit l’égalité des chances et la justice sociale. C’est pourquoi je souhaite soutenir le livre sur étagère à la maison, mais également dans les établissements. C’est une évolution des CDI des lycées que je souhaite. Mais, comme je l’évoquais d’emblée, cette politique favorable aux jeunes, profite également au secteur économique du livre. Et je m’attache à mettre en avant les libraires de proximité, qui constituent comme les lycées, des éléments essentiels d’aménagement du territoire.

Info : L’un des quatre piliers de la politique du Conseil régional en matière de jeunesse et d’éducation est la lutte contre l’échec scolaire. Qu’avez-vous mis en place à cet effet ?

A.R. : En Nouvelle-Aquitaine, tous les soirs, des étudiants de master accompagnent les élèves par un simple appel au 05.57.57.50.00. Ce service est gratuit. Aussi, depuis le début de la mandature, nous avons mis en place une aide aux devoirs gratuite, pour tous les lycéens et apprentis. Car, nous le constatons depuis très longtemps, la première sélection que réalise notre système éducatif s’opère le soir, après les cours, à travers le soutien aux devoirs. Celui qui a la chance d’être entouré, soit par des membres de sa famille, soit par des cours payants que sa famille lui offre, celui-là a beaucoup plus de facilités à réussir dans sa scolarité puis dans son insertion sociale et professionnelle.

Ainsi, travailler au décrochage est une chose, mais j’ai également souhaité que les jeunes sortis du système éducatif puissent réintégrer l’école. C’est bien ce que permettent les micro-lycées que nous développons. Ils sont aujourd’hui 6, et nous souhaitons encore les développer. Entre 16 et 25 ans, les micro-lycées permettent à chaque jeune ayant quitté le système scolaire depuis plus d’un an, sans diplôme et sans qualification, de bénéficier d’une seconde chance à travers une formation et un emploi du temps spécifiques, avec des rythmes favorables au travail personnel.

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Alain Rousset et Edouard Philippe, le Premier ministre, lors de la signature de Plan particulier pour la Creuse (Région Nouvelle-Aquitaine)

Info : Personnellement, que pensez-vous de la réforme du baccalauréat proposée par le ministre Jean-Michel Blanquer ? La Région prônant l’équité sociale et géographique, cette réforme ne vous semble-t-elle pas justement inéquitable ?

A.R. : Je ne suis pas a priori opposé à ce que les jeunes soient davantage acteurs de l’élaboration de leur parcours. D’ailleurs, je m’implique depuis très longtemps à un décloisonnement de l’école afin de permettre une information choisie et non subie par les jeunes et leurs familles. En ce sens la réforme en cours donne « le choix ». En théorie, du moins. Mes inquiétudes sont plus tournées vers les conditions de mise en œuvre de cette réforme. Si comme, je crois l’entendre, la primauté dans l’orientation post-bac reste fondée sur les seules mathématiques et sciences, alors les prédictions des enseignants se produiront : les séries anciennes seront reconstituées par les jeunes eux-mêmes, avec des effets pervers comme le délaissement des Sciences de la Vie et de la Terre. Quant à la question de l’équité géographique, je ne vois en quoi cette réforme est négative. Tous les lycées ne dispensaient pas l’ensemble des séries avant la réforme, mais elles étaient présentes à l’échelle des quelques lycées d’une même zone géographique. A priori il en est de même dans la nouvelle organisation.

Info : Ma dernière question sera plus politique : cet été, vous vous êtes déclaré successeur à votre succession en 2021. Pourquoi l’avoir annoncé si tôt et pourquoi en période estivale alors que les électeurs pouvaient être en vacances hors de la région, de la France ?

A.R.: Revenons sur le contexte de ma déclaration : fin juillet, j’ai été invité à Canfranc par le maire pour me remettre le titre officiel de « Fils de Canfranc ». Comme vous l’imaginez, j’ai été très touché par cet hommage public. De plus, la réouverture d’une ligne ferroviaire internationale Bordeaux-Pau-Bedous-Canfranc dans une telle gare, joyau dans la montagne, représente à mes yeux une émotion toute particulière.

Or, à Canfranc, la question est venue d’une journaliste sur le calendrier des travaux de réouverture, et plus précisément sur le besoin d’un véritable suivi que ce calendrier soit respecté, jusqu’à 2022. D’où ma réponse : alors, peut-être faut-il que je me représente, tout simplement. Anne-Marie Muia

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