Nicolas Brossier : « Le marché se régule »

Nicolas Brossier : « Le marché se régule »
Nicolas Brossier © E. Thérond

Nicolas Brossier, le président de l’Oeil Auvergne (Observatoire Evolutif de l’Immobilier Local) dresse le bilan annuel de la promotion immobilière en Auvergne.

Comment se porte le marché de la promotion immobilière en Auvergne ?

Nous avons audité toute la construction de logements privés en accession à la propriété en collectif et en individuel groupé sur les quatre départements. Sur l’année 2018, le total des ventes se porte à 1.133. Nous sommes un peu en retrait par rapport à 2017. La baisse est en effet de 12 %.

Comment l’expliquer ?

Cette baisse est due en grande partie aux résidences services, qui baissent de 33 % sur un an. Il faut dire que 2017 avait été une année exceptionnelle : au total, nous avions 1.290 ventes dont plus de 400 sur les résidences et les ventes en bloc. Le secteur situé en dehors de la métropole clermontoise a baissé aussi. Sur la métropole, la baisse est plus faible. Elle est de l’ordre de 3 %. Plus de 700 logements à l’unité ont été vendus.

Il faut dire que le niveau était très haut…

Oui. Nous sommes arrivés à un point haut. Le marché se régule. Il est en stabilité depuis deux ans. D’une manière un peu générale, on constate que le marché a beaucoup baissé sur les zones B2, c’est-à-dire les territoires qui ne sont plus éligibles au dispositif Pinel à partir de 2019. C’est l’évolution majeure du marché depuis un an. Celui-ci se recentre sur les zones B1, à savoir Clermont-Ferrand et Chamalières. Avant, environ 65 % des ventes et de l’offre de la métropole étaient sur ces zones-là. Aujourd’hui, le chiffre se situe entre 85 et 90 %.

Nicolas Brossier : « Le marché se régule »
Nicolas Brossier © E. Thérond

Qu’en est-il des prix de vente ?

Globalement, ils sont en hausse. Garage compris, ils se situent entre 3.600 et 3700 €/m2 sur Clermont Métropole. Sur la Ville de Clermont-Ferrand, c’est une progression de +5%. Sur la périphérie, les prix sont plutôt stables.

Et la typologie des acquéreurs ?

On observe une hausse des investisseurs et une baisse des occupants. Aujourd’hui, nous avons deux-tiers d’investisseurs et un tiers d’occupants.

Est-ce que cela vous rassure quant au dynamisme de la métropole clermontoise ?

A l’échelle nationale, on observe des signaux qui vont tendre le marché. La disparition du dispositif Pinel dans les zones B2 touche tout le territoire. De plus, les taux d’intérêt vont repartir à la hausse. La confiance des ménages s’est aussi ternie. Sur Clermont-Ferrand, nous bénéficions d’un atout : nous avons de l’offre et du foncier disponible à l’intérieur de la ville sur le secteur B1. C’est un gage potentiel de développement d’opérations futures pour l’avenir.

On parle de 250 hectares de friches mutables…

C’est en effet le chiffre évoqué par le maire Olivier Bianchi il y a quelques mois.  Il peut être débattu : certains fonciers vont muter à court terme, certes, mais pour d’autres il faudra peut-être des décennies pour évoluer. Quoi qu’il en soit, c’est un élément positif, car nous savons que nous avons ce potentiel de développement. Ce n’est pas le cas de toutes les grandes métropoles. Par exemple, le marché lyonnais est complètement freiné par ce manque de potentiel foncier.

Qu’en est-il du stock ?

La commercialisation s’est plutôt accélérée sur la fin de l’année 2018. Sachant qu’il y a eu peu de nouveaux programmes en vente sur le deuxième semestre, on se retrouve avec un stock qui a beaucoup diminué. On était proche des 18 mois de commercialisation il y a un an et demi. Nous sommes à 12 mois aujourd’hui. Le marché s’est donc assaini. L’équilibre entre l’offre et la demande est très bon.